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La Une du n°672
La Une du n° 672
Lettre de l'Editeur :N°672du 1er au 07 septembre 2010

1er septembre 2009

Hier le déluge, aujourd’hui la solidarité !

Il a fallu que les travailleurs consciencieux tentent vainement de rejoindre leurs services et rebroussent chemin pour qu’on commence à s’inquiéter à la vue des grandes mares et autres torrents d’eau qui avaient envahi rues, ruelles et même boulevards pour après comprendre ce qui se préparait : le plus grand drame que la ville ait connu. En effet, à la file des heures, et des nouvelles qui courraient d’un quartier à l’autre, de bouches à oreilles ou par l’intermédiaire des radios FM, on s’apercevra qu’une terrible catastrophe naturelle était en train de prendre place.

Une année après ces faits dramatiques, ce n’est pas tourner le couteau dans la plaie que d’y revenir. C’est même quelque part une sorte de catharsis. N’est-ce pas une des meilleures manières de faire prendre conscience des responsabilités des uns et des autres et surtout des rôles que chacun peut jouer pour alléger les souffrances des sinistrés et éviter au maximum la survenue de telles catastrophes ?.

Mardi 1er septembre 2009, mercredi 1er septembre 2010 ; voilà un an jour pour jour que notre pays a vécu l’une des pires catastrophes de son histoire. Et pourtant la pluie qui avait commencé à s’abattre sur la capitale Ouagadougou, depuis les environs de 4 heures du matin, annonçait tout au plus une journée sans soleil, c’est-à dire douce du genre qu’affectionnent certains oisifs pour se la couler douce aux frais de la princesse. Pourquoi pas au fond d’un de ces bistrots malfamés qui vous servent un alcool frelaté, plutôt «un tord boyau actif», comme le diraient Les Pieds nickelés.
Il a fallu que les travailleurs consciencieux tentent vainement de rejoindre leurs services et rebroussent chemin pour qu’on commence à s’inquiéter à la vue des grandes mares et autres torrents d’eau qui avaient envahi rues, ruelles et même boulevards pour après comprendre ce qui se préparait : le plus grand drame que la ville ait connu. En effet, à la file des heures, et des nouvelles qui courraient d’un quartier à l’autre, de bouches à oreilles ou par l’intermédiaire des radios FM, on s’apercevra qu’une terrible catastrophe naturelle était en train de prendre place. Les souvenirs sont durs et douloureux mais on ne peut s'empêcher de revoir le film de cette journée apocalyptique. Ça n’a pas été qu’un simple cauchemar ! Hélas !
Jamais le pays n’avait enregistré en une seule journée autant de quantité d'eau de pluie en un aussi petit laps de temps depuis pratiquement la première moitié du 20e siècle. Ce 1er septembre 2009, 263,3 mm d’eau sont tombées entre 4 heures du matin et 15 heures 30 de l’après-midi avec de véritables trombes d’eau entre 7 et 8 heures ; 97,3mm pendant cette seule heure. Des spectacles surréalistes de véhicules totalement engloutis, de personnes emportées par les eaux, tandis que d’autres étaient obligées de tenter de sauver leurs peaux en laissant les eaux en furie emporter leurs engins, des maisons qui s’effondraient comme des châteaux de cartes ou de sable, des voies totalement disparues sous les eaux, … Il fallait voir pour y croire, tant le spectacle défiait la raison des Burkinabè. Même les barrages étaient devenus méconnaissables. Si la ville a été différemment atteinte, aucun secteur n’a pour autant été épargné. Certains resteront même inaccessibles des jours durant. Evidemment la désolation était totale avec des milliers de sans abris, des populations entièrement démunies ayant tout perdu sous les eaux, sans compter les cas de blessures, de maladies et de morts.
Au bilan : 9 morts et 150 000 sinistrés rien qu’à Ouagadougou et ses environs immédiats. Plus de 130 000 personnes seront regroupées dans des sites d’accueil et 20 000 autres secourues par des familles voisines, des parents ou amis. C’est le lieu de magnifier la solidarité familiale qui n’a pas attendu et s’est manifestée avec une force et une spontanéité qui ont permis de parer au plus pressé. Sans cette action de bénévolat, de cœur et de volontariat, le bilan aurait été certainement inimaginable. En tout cas, très au-delà des chiffres qui sont connus. Pour leurs parts, l’Etat, ses partenaires au développement, les diverses organisations de soutien aux sinistrés et d’aide dans divers domaines n’ont pas chômé non plus. Loin s’en faut !
Au total, 110 sites d’accueil ont été ouverts à Ouagadougou pour un mois dont 60 sites principaux regroupant plus de 200 personnes et 50 sites secondaires pour moins de 200 personnes. La situation serait de moindre ampleur dans les autres localités où environ 180 habitations se sont écroulées faisant 500 sinistrés.
Une année après ces faits dramatiques, ce n’est pas tourner le couteau dans la plaie que d’y revenir. C’est même quelque part une sorte de catharsis. N’est-ce pas une des meilleures manières de faire prendre conscience des responsabilités des uns et des autres et surtout des rôles que chacun peut jouer pour alléger les souffrances des sinistrés et éviter au maximum la survenue de telles catastrophes ?
A Ouagadougou, 24 489 maisons se sont écroulées et les pertes sont évaluées à 13 224 060 000 FCFA. 67,08% de ces logements sont situés en zones non loties et 32 ,92% en zones loties. Trois barrages ont été détruits à Saâba, Koubri dans la province du Kadiogo et Tongomayel dans le Sahel. 12 ponts ont été affectés à Ouagadougou dont 4 sont provisoirement hors d’usage entraînant une restriction du trafic de la circulation. L’hôpital Yalgado OUEDRAOGO, principale structure sanitaire du pays, a été submergé et certains services transférés sur d’autres sites. Les ministères situés dans l’immeuble Baonghin, la DGTTM, le BUNASOLS, la cinémathèque du FESPACO, le CNSF, deux hôtels de Finances et l’imprimerie des Forces armées ont été gravement endommagés.
Avant même que les eaux du désastre ne se retirent, les plus hautes autorités du pays étaient sur le terrain. Le Premier ministre, Tertuis ZONGO, a fait une tournée dans les zones sinistrées pour marquer la solidarité du gouvernement avec les familles touchées ou affectées, faire le constat des dégâts et prendre les décisions d’urgence. Très vite d’ailleurs, un plan de riposte est dressé qui comportera trois phases : d'abord la gestion d’urgence, ensuite les aides à la reconstruction et à la réinsertion des sinistrés et enfin, la mise en place d’un plan ORSEC.
Le besoin global pour faire face aux dommages causés par cette catastrophe était estimé à 70,210 milliards FCFA. Un coût que l’Etat, à lui tout seul, ne pouvait supporter. D’où l’appel à l’endroit des populations et des partenaires du pays. L’appel du président du Faso à ses concitoyens a été entendu. Le ciment de la nation qu’est la solidarité nationale a fait ses preuves. En effet en la journée du 7 septembre 2009, des Burkinabè et des amis du Burkina de toutes les conditions sociales laissaient parler leur cœur sur tout le territoire national et même loin de la mère patrie. Cette année, ces gestes nobles seront de nouveau magnifiés et confiés à prostérité.
Notre « dossier » de la semaine est consacré, vous-vous en doutez, à cet important évènement qui fait mentir et mentir encore tous ceux pour lesquels la morale agoniserait dans ce pays. Le BURKINA FASO vit ! Il vit dans les cœurs de tous ceux qui chaque jour font quelque chose pour ce pays, lequel le leur rend bien en brillant au firmament des nations qui comptent sur cette planète.o

- cheick Ahmed
ilingani2000@yahoo.fr

 

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