NATION :N°672du 1er au 07 septembre 2010

4e édition des universités d'été de Ouagadougou
Donner une âme à l’entrepreneuriat africain

L'Association pour la promotion, le soutien et le suivi de l'investissement privé (APSIP) a organisé, du 21 au 28 août 2010, la quatrième édition des universités d'été de Ouagadougou. Durant une semaine, jeunes entrepreneurs et étudiants ont suivi des modules de formation en techniques entrepreunariales. C'était à l'Institut supérieur du génie électrique.

Soutenir les projets de création d'entreprises pour qu'ils prennent corps et vie par la sensibilisation, la formation et l'accompagnement, tel est l'objectif de l'Association pour la promotion, le soutien et le suivi de l'investissement privé (APSIP), qui a initié cette formation au profit des jeunes entrepreneurs et étudiants. Des modules seront dispensés aux participants et pour le président de l'association, Issa TRAORE, spécialiste en entrepreunariat, petites et moyennes entreprises (PME), ces "brillants exposés contribuent à déverrouiller les mentalités dans le but de montrer que l'Afrique n'est pas qu'un mendient".
Pour cette quatrième édition, l'APSIP s'est donnée comme thématique, la contribution de la diaspora dans la construction de l'Afrique. Il s'agit de se donner la main dans toutes les disciplines pour démarrer le moteur qu'est l'économie africaine et pour cela, durant les huit jours de travaux, les participants ont été dotés de connaissances en techniques de recherche d'idées et d'innovations ; sur l'étude de marché ; l'obligation fiscale et sociale de l'entrepreneur ; les prévisions financières ; les techniques de vente ; l'élaboration d'un business plan. L'ensemble de ces modules vise à permettre aux participants d'élaborer un projet qu'ils vont défendre devant une équipe professionnelle, à la fin de la formation, et dont le résultat sera sanctionné par une attestation.
Pour cette année, le président de l'APSIP, Issa TRAORE, a déploré le fait qu'il n'y ait pas eu de présentation par un entrepreneur burkinabè. Chose qui pourrait être bénéfique pour les bénéficiaires de la formation. Par ailleurs, des vidéos conférences ont été tenues. Entre autres, on peut citer celle relative au thème "sciences techniques et inventions en Afrique, le cas des entrepreneurs". Le présentateur dudit thème dira l'avoir choisi parce qu'il voudrait montrer que l'on peut résoudre les problèmes de l'Afrique. Ainsi, dans son exposé, a-t-il été surtout question de faire voir aux jeunes Africains les potentialités dont regorge le continent noir en matière d'hommes de génie, d'inventeurs dont l'expertise peut permettre de sortir l'Africain de la sous dépendance économique, de l'aliénation mentale et culturelle et surtout de son statut de simple consommateur. Les différents panélistes, par le Net, ont échangé avec les participants sur les techniques et règles managériales : bonnes conduites honnêteté, parole d'honneur, écoute, discipline, foi, rigueur. Toutes ces valeurs réunies autour d'une vision claire dans un schéma bien élaboré permettront aux jeunes Africains désireux d'entamer une carrière dans le domaine de l'entreprise privée de se munir d'arme redoutable pour créer des richesses sur le continent, a précisé le président de l'APSIP.o

Aristide OUEDRAOGO (stagiaire)

Lutte anti-sida
Le plaidoyer des communicateurs

Le comité d'institution de lutte contre le Sida et les IST du Conseil supérieur de la communication (CSC) a organisé, le vendredi 27 août 2010 au siège de son institution, une journée de plaidoyer au profit du personnel du CSC.

Après avoir mis en place le Centre national de lutte contre le Sida (CNLS), les autorités du Burkina Faso ont créé dans les départements ministériels et institutions des comités chargés de la lutte contre le Sida et les infections sexuellement transmissibles (IST).
Les actions menées par ces comités de lutte anti-sida sont, entre autres, la prévention par la sensibilisation, le dépistage, le plaidoyer.
C'est dans ce contexte que le comité d'institution de lutte contre le Sida et les IST du Conseil supérieur de l'information (CSC) a tenu cette journée de plaidoyer. Pour la présidente de ladite institution, Béatrice DAMIBA, l'organisation de cette "activité de sensibilisation et de plaidoyer vise à faire de ces cadres des éléments moteurs de lutte contre le Sida dans leurs quartiers, dans leurs familles ; d'être des ambassadeurs de lutte anti-Sida". Le CSC vient par là donc "contribuer à sa manière" à amoindrir les risques de transmission du VIH et des IST.
Selon le coordonnateur dudit comité, Bakary Hubert BARE, cette journée marque le début des activités 2010 en raison des difficultés budgétaires. Mais qu'à cela ne tienne, "nous avons toujours eu le soutien des responsables de l'institution par exemple l'organisation de la présente journée au sein de l'institution".
Quant aux différents exposés, ils ont été animés par Emile KAMBOU, spécialiste au SP/CNLS chargé des ministères et des institutions. Il a situé son exposé sur le contexte actuel changeant qui connaît une baisse de la séroprévalence dans le pays. Ce qui traduit, a-t-il dit, un effort certain et constant des autorités. Mais pour que la courbe de la prévalence continue sa descente, il faudrait déployer plus d'efforts et de stratégies idoines de lutte contre le fléau sida.

Etat des lieux du syndrome et des IST
D'après Emile KAMBOU, au Burkina Faso, les dernières données statistiques sur le Sida donne un taux de prévalence de 12%. Identifiant les factures qui incubent le VIH et IST, il note les sites miniers qui constituent selon ses propres termes, des "lieux à hauts risques". Quant aux personnes exposées, il stigmatise les travailleuses du sexe.
La scolarisation est également un vecteur de la transmission du virus. "Les enfants qui sont à l'école sont plus infectés que les autres", a-t-il ajouté. Au secteur de l'éducation selon lui, il faut ajouter les secteurs de la Défense (militaires), des Infrastructures et désenclavement (Travaux publics) et les Transports (transporteurs).
Quant aux causes, il a identifié les rapports non-protégés, les relations transformationnelles ; mais, la cause principale reste la pauvreté. Sur les 120 000 malades du Sida que compte le Burkina, 61000 sont des femmes. Ce qui a fait dire au communicateur qu'il faut prendre la dimension genre, car la femme reste la plus touchée par le phénomène de féminisation du mal. Mais la situation est également préoccupante pour les franges jeunes car environ 60 000 jeunes s'infectent chaque jour. M. Emile KAMBOU pense donc qu'il faut, dans la lutte contre le Sida, prendre en compte l'ensemble des segments sociaux en les impliquant dans la conception des stratégies de lutte.
Pour le moment, 33 millions de personnes dans le monde sont touchées dont 22 400 000 sont en Afrique subsaharienne. Ce qui a fait dire au présentateur que le Sida constitue et de loin un problème de santé publique ayant des répercussions sur le plan économique et social. Cependant, "pour le moment, il n'y a pas d'espoir" dans la découverte d'un vaccin anti-Sida a-t-il remarqué. Et la cherté de la recherche conditionne les pays pauvres comme le Burkina Faso à assister quasi impuissant à cet opprobre et à ses corollaires désastreux qu'il traîne avec lui.
Toutefois, la présidente du CSC ne désarme pas. Elle pense que le SIDA n'est plus seulement une préoccupation des décideurs mais de tous : "Un effort doit être fait au niveau national par le financement, mais aussi au niveau individuel ne serait-ce que par le comportement".o

- Aristide OUEDRAOGO (stagiaire)