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La Une du n°682
La Une du n° 682

Dossier : N°685 du 1er au 07 décembre 2010

Organisation de la présidentielle 2010
Le satisfecit de Moussa Michel TAPSOBA

A l’issue de la proclamation des résultats, le président de la CENI a livré un point de presse relatif à l’organisation de la présidentielle. M. Moussa Michel TAPSOBA s’est dit très satisfait de la tenue de l’échéance du 21 novembre 2010.

Moussa Michel TAPSOBA lors de la conférence de presse s’est dit “très satisfait” Tout d’abord le président de la CENI, M. Mousa Michel TAPSOBA a dû répondre à la question relative à l’affaire Me Bénéwendé Stanislas SANKARA. M. TAPSOBA a révélé que «le Tribunal a dit que la carte n’est pas conforme et l’a étendue à toutes les autres cartes». Il qualifiera la décision du tribunal d’«inique».
En ce qui concerne le budget alloué à son institution pour la présidentielle, le président de la CENI a affirmé que les dépenses n’étaient pas épuisées et donc, l’heure n’était pas au bilan.
Quant aux difficultés qui ont émaillé l’après 21 novembre, notamment avec les agents il a avoué que «la CENI n’a recruté personne. Ce sont nos démembrements qui recrutent». Et donc aucune défection à ce sujet ne saurait lui être imputable.
Quant aux cartes électorales, il a laissé entendre que « les cartes son rentrées ».
Pour ce qui est du cas Arba DIALLO, il dit que deux possibilités se présentaient. « Ou bien le candidat était lui-même présent dans les lieux de vote au moment où les faits se déroulaient. Et donc il est témoin de vote d’électeurs sans cartes, soit ce sont les délégués qui en ont été les témoins ». Dans tous les cas, a-t-il dit, il y a des voies de recours prévues pour cela. Mais, a-t-il ajouté, s’il y avait eu ce problème, ces derniers l’auraient mentionné dans le procès verbal. M. Le président est-il satisfait de l’organisation de la présidentielle du 21 novembre 2010 ? «Personne ne nous a rapporté qu’il y a eu un problème. Dans certains pays, l’élection présidentielle ça brûle les pneus, etc». Avant d’inviter les hommes de média à jouer pleinement leur rôle de relais car «la presse, c’est notre support» a-t-il conclu.o

Aristide OUEDRAOGO (stagiaire)

Proclamation des résultats provisoires de la présidentielle
Blaise COMPAORE en roue libre

Total des inscrits : 3 239 777 ; total des votants : 1 778 693 ; taux de participation : 54,90% ; bulletins nuls 84 422 : 04,75% ; suffrages exprimés 1 694 271 soit 95,25%. Répartition des suffrages par candidat : Blaise COMPAORE : 135 894, soit 80,21% ; Hama Arba DIALLO : 138 666, 08,18% ; Bénéwendé Stanislas SANKARA : 107 397, 06,34% ; Pargui Emile PARE : 14 461, 00,85% ; Maxime KABORE : 24 888, 1,47% ; Ouampousga François KABORE : 10 909, 00,64% ; Boukary KABORE : 39 029, 02,30%. La Commission électorale nationale indépendante (CENI) a ainsi rendu les résultats provisoires au niveau national de l’élection présidentielle du 21 novembre 2010.

«Contenez votre joie pour l’exprimer plus tard !». Lancera le président de l’institution chargée de l’organisation de l’élection présidentielle, M. Moussa Michel TAPSOBA, à l’adresse de ceux qui s’étaient mis à crier dans la salle mais il ne pouvait empêcher les acquis à la cause du candidat COMPAORE d’exulter. C’est dans une salle bruyante donc que les candidats et leurs représentants se sont exprimés.

 

Maxime KABORE, le candidat indépendant était le seul des 7 compétiteurs à être présent à la proclamation des résultats.
« Je ne suis pas un figurant. Le scrutin a été mené dans la transparence. Il n’y a pas eu d’heurts, il n’y a pas eu de violence. Tout a été bien clair aux yeux des électeurs. Le président actuel a été réélu. Nous lui souhaitons bonne continuation. Nous souhaitons toujours mener notre action pour que le peuple burkinabè puisse voir un nouveau visage. Je compte m’impliquer durablement dans la vie politique nationale, parce que je pense que j’ai beaucoup à apporter et je compte le faire dans les jours qui viennent. Je ne suis pas un figurant, je ne vais pas partir en Europe pour ne pas y revenir. Pour une première élection, 1,47%, c’est beaucoup.
Mais nous allons montrer par la suite que nous sommes capables de faire l’événement. Je crois que vous aller me voir agir dans l’intérêt du pays
».

Assimi KOUANDA, directeur de campagne du candidat Blaise COMPAORE : «Je pense que dans toutes les démocraties, que ce soit en Afrique ou en Europe, à l’exception de quelques cas de pays qui sortent de crise, la moyenne du taux de participation oscille toujours entre 50 et 55. Nous sommes dans la moyenne, de toute façon, même ceux qui parlent beaucoup et qui critiquent, n’atteignent jamais 30% de taux de participation.
Nous, avec des conditions difficiles aussi bien au niveau de l’inscription, de délivrance des cartes nationales d’identités que des autres documents, nous avons réussi à atteindre ce score. Lorsqu’on lisait certaines presses, on avait l’impression que notre score ressemblait aux scores pour lesquels ils ont l’habitude dans d’autres pays, dans d’autres contrées.
Mais ce score-là, je crois que si vous demandez aux politologues, ils vous diront qu’une élection est considérée comme normale ou très bonne lorsqu’au moins le taux de participation dépasse au moins 50%.
C’est naturellement une réaction de satisfaction suite au renouvellement de la loyauté et à l’engagement avec Blaise COMPAORE pour la mise en œuvre de son nouveau programme «bâtir, ensemble un Burkina émergeant» je crois que les chiffres traduisent bien cette adhésion du peuple burkinabè
».

Propos recueillis par Aristide OUEDRAOGO (stagiaire)

 

Victoire propre de Blaise COMPAORE

Deux jours après la publication des résultats du scrutin présidentiel par la CENI, les états majors de campagne des candidats sortent de leur réserve. Le 27 novembre au siège national de la campagne du candidat COPMPAORE, Assimi KOUANDA et ses collaborateurs ont rencontré la presse pour faire le point. Point sur la campagne, point sur les résultats, point sur les observations et les appréciations des uns et des autres par rapport au scrutin.

80,21%, c’est le chiffrage provisoire exprimé pour Blaise COMPAORE par les Burkinabè qui sont allés aux urnes, le dimanche 21 novembre 2010. Ce chiffre est le résultat d’un travail. Un travail que la direction nationale de la campagne a piloté selon les vœux du candidat. «Cette campagne électorale, que nous avons menée, est une campagne inédite, en ce sens que conformément au vœu du candidat Blaise COMPAORE, les structures de campagne tant aux niveaux national que local, ont été, dans leur composition, le reflet du large rassemblement qu’il a toujours prôné», s’est réjoui Assimi KOUANDA principal conférencier.

Election claire, limpide, propre
Une campagne qui a été menée et marquée par des rencontres d’échanges directs avec les forces vives et de grands meetings dans les 13 régions. Pour Assimi KOUANDA : «Notre candidat, Blaise COMPAORE a eu une victoire propre…» et de répondre à un journaliste qui demande si le score de 80,21% fait plaisir ? «Je ne parlerai pas de plaisir mais plutôt de satisfaction, la question du développement n’est pas un problème de plaisir, c’est un problème d’effort... on ne peut pas comprendre le processus si l’on s’en tient au scrutin de 2010, car, depuis plus de 20 ans, il y a eu la renaissance démocratique au Burkina Faso. Le peuple burkinabè est d’accord avec l’option de Blaise COMPAORE, et le peuple a estimé que son programme est le meilleur».
Le directeur national de la campagne dans sa déclaration liminaire a décliné les 5 grands chantiers politiques du candidat, lesquels sont contenus dans son programme quinquennal «Bâtir ensemble, un Burkina émergent» ; des chantiers qui sont, eux-mêmes, insérés dans les 4 piliers du programme, qui sont : la consolidation de l’investissement humain ; le développement institutionnel et la gouvernance ; les leviers de l’émergence ; et les dynamiques nouvelles de l’économie.
Concernant les difficultés et erreurs constatées çà et là dans les bureaux de vote, il estime que le Conseil constitutionnel tranchera. «Contrairement à ce que certains candidats malheureux ont véhiculé comme informations, les élections ont été propres comme on le dit dans le langage courant, c’était clair, net et limpide». A-t-il laissé entendre. Il a constaté également les problèmes liés à l’opération d’établissement et de délivrance des CNIB, et les erreurs sur les cartes d’électeurs, qui pour lui toutes ces questions, n’entachent «pas la crédibilité du scrutin».

Un taux de participation satisfaisant
Pour toutes les composantes (CDP, ADF/RDA, AMP, FEDAP/BC) qui ont accompagné le candidat Blaise COMPAORE, «chacune, a contribué à sa manière et selon son niveau de représentativité à la victoire de Blaise».
Pour ce qui est du taux de participation le directeur national de campagne de Blaise COMPAORE est clair : «C’est un bon taux, car, en dehors des pays qui sortent de crise, dans la plupart des élections qui se font régulièrement dans les démocraties qui s’enrichissent, dans des pays où l’électeur peut aller ou non librement voter, lorsqu’on a un taux de 50% et plus, c’est normal, on ne fétichise pas les taux...».
Aucune question n’a été occultée par les journalistes. Surtout pas la décision du tribunal administratif qui a déclaré la carte d’électeur illégale. Assimi KOUANDA s’est refusé tout commentaire sur la décision de justice d’autant plus que la CENI a fait appel de ladite décision. «Nous n’avons pas à commenter une décision de justice, cette justice s’est dotée de plusieurs garanties pour bien rendre ses décisions... il y a une suite, nous attendons, nous remercions d’ailleurs les candidats malheureux qui sont allés au Tribunal administratif, car c’est la preuve qu’ils croient que le Burkina est un pays de droit, qu’il y a la justice, je ne peux que les remercier pour cette publicité».
Il en sera de même pour ceux des journalistes qui veulent connaître le coût de la campagne de Blaise COMPAORE. Sans refuser de répondre, le directeur de la campagne de Blaise COMPAORE n’est pas allé par quatre chemin : «Le taux du vainqueur indique le taux d’aide matérielle, organisationnelle et financière des contribuables, je ne peux pas évaluer cela, il y en a qui ont donné des tee-shirts, par exemple, or vous savez que quand on fait un cadeau à quelqu’un, la décence veut qu’on enlève l’étiquette du prix». .o

- Frédéric ILBOUDO

Satisfaction au Soum

Pour Blaise COMPAORE, le Soum s’est formément mobilisé et les résultats au soir du 21 novembre passé en disent long. Avec 94,84% de taux de participation, le candidat Blaise COMPAORE rafle la mise avec 70,13% des suffrages exprimés.

Il faut dire que depuis l’ouverture officielle de la campagne présidentielle, le 31 octobre dernier, en plus des différents meetings qui se tenaient dans les communes du Soum, des équipes de jeunes ont pris d’assaut les villages et faubourgs de la province pour sensibiliser les populations au retrait effectif des cartes d’identité et d’électeurs puis à sortir massivement le 21 novembre 2010 et voter pour Blaise COMPAORE.

 

Initiateur et support d’une telle opération, Adama KINDO, industriel et fils de la province qui comme la grande majorité des fils et filles du Sahel voit en l’homme, le salut pour non seulement le Burkina mais particulièrement pour cette partie longtemps délaissée du pays. C’est peu de dire que le message est passé d’autant qu’au résultat, les populations sont effectivement sorties nombreuses voter mais ont donné leur suffrage massivement à Blaise COMPAORE qui enregistre 70,13% des voix de la province du Soum. Avec un fils du Sahel dans la course de la présidentielle comme Hama Arba DIALLO, il faut dire qu’il a fallu de grands efforts de mobilisation pour parvenir à ce score et cela est à l’actif des acteurs concernés au premier chef Adama KINDO qui a même voté dans son village d’origine, Pougzaïbaogo, dans la commune de Kelbo où on a enregistré plus de 86% de taux pour Blaise COMPAORE ..o

 

Des chiffres qui parlent au Soum
Inscrits des listes : 77 374
Nombre des ajouts : 693
Total des inscrits : 78 067
Bulletins nuls : 1 669
Nombre de votants : 33 992
Suffrages exprimés : 31 723

Classement selon suffrage
1) Blaise COMPAORE : 70,13%
2) Arba DIALLO : 22,47%
3) SANKARA : 3,22%
4) Maxime KABORE : 1,73%
5) Boukary KABORE : 1,12%
6) François KABORE : 0,88%
7) Emile PARE : 0,49%

Moumouny B. TAMBOURA (Djibo)

Le peuple a choisi son président

Les résultats provisoires de l’élection présidentielle du 21 novembre 2010 ont été livrés par la CENI le 25 novembre dernier.. Sans surprise le peuple a renouvelé sa confiance au président sortant, Blaise COMPAORE qui arrive en tête avec comme suffrages exprimés 1 358 941 voix soit 80,21%.

Les populations sans embages ont réaffirmé leur confiance Ainsi donc, le président sortant, Blaise COMPAORE, se succède à lui-même aux fonctions de chef de l’Etat. A vrai dire pour les observateurs avertis de la scène politique burkinabè et même pour le citoyen lambda, il ne pouvait en être autrement. Ses actions passées à la tête de l’Etat, ses qualités de rassembleur et de visionnaire, entre autres, font de président COMPAORE un homme d’Etat hors pair qui conduit son peuple sur les voies de l’émergence du pays. Les résultats de ce scrutin montrent à souhait que le peuple burkinabè dans sa grande majorité se reconnaît en cet homme qui porte ses aspirations et fait rayonner le pays dans le concert des nations. Ils étaient 7 candidats à prendre part à la course au fauteuil présidentiel. Sur un total des votants de 1 778 693 personnes, 84 422 bulletins nuls d’où 1 694 271 suffrages exprimés au niveau national, la répartition des voix donne 1 358 941 voix soit 80,21% des suffrages exprimés à Blaise COMPAORE. Ensuite, vient très loin le candidat Hama Arba DIALLO occupant la deuxième place avec 138 666 suffrages soit un taux de 08,18%. C’est dire que ce fut un vote K.O comme dirait l’autre d’autant que le président est connu dès le premier tour. Avec les autres candidats qui se coltinent avec la portion congrue, on retrouve en queue de poleton respectivement le candidat Pargui Emile PARE, «le Chat noir du Nayala» (avant dernier) avec 14 461 suffrages (00,85%) et le candidat François O. KABORE celui qui disait n’aller que là où il est convaincu d’être entendu et compris, (dernier) 10 909 suffrages soit 00,64%.

Les raisons d’un plesbicite
«C’est au pied du mur qu’on reconnaît le vrai maçon», dit-on et le président Blaise COMPAORE, travailleur infatigable, depuis son accession à la tête du pays s’est évertué à la construction d’un Burkina nouveau. La lutte contre la pauvreté a toujours été au cœur de ses actions «Notre peuple n’a jamais été de ceux qui se résignent, qui acceptent la fatalité d’un ordre mondial favorable aux plus nantis…» a-t-il dit avant d’appeler le peuple à s’engager dans une résistance productive et à développer une «capacité autonome à lutter efficacement pour des réalisations concrètes» (meeting du 2 juin 1994 au stade du 4-Août). En 1999 et dans le sillage de son appel du 2 juin 1994 la lutte contre la pauvreté est érigée en principe cardinal avec les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). Et les 6 Engagements qu’il va prendre à savoir : la sauvegarde de l’environnement ; l’accroissement de la production agropastorale ; l’organisation et l’appui au secteur informel et à l’artisanat ; le développement des petites et moyennes entreprises et industries ; le soutien aux activités productrices des femmes ; l’élévation du niveau général des connaissances à la base et le développement du sport et des activités culturelles étaient les pistes dégagées pour répondre aux besoins de construction d’une économie solide et d’une société solidaire. Ces Engagements ont été plus tard pris en compte dans le Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (CSLP). En effet, l’accélération de la croissance, l’amélioration de l’accès des pauvres aux services sociaux de base et à la protection sociale, l’élargissement des opportunités d’emplois et d’activités génératrices de revenus ont toujours été au cœur des préoccupations politiques. Blaise COMPAPORE a toujours eu une claire appréhension des problèmes du Burkina et des aspirations des Burkinabè ; ce que traduisent ses différents programmes de gouvernement qui ont impulsé un dynamisme à la vie socioéconomique et politique du pays. Tous les domaines connaîtront un essor. Ainsi, dans le domaine agricole on note de grandes réalisations. C’est le cas des unités nationales de mécanisation agricoles un projet démarré en 1996 et piloté par le ministère de l’Agriculture, de l’Hydraulique et des Ressources halieutiques d’un coût d’environ 2 milliards 340 millions de nos francs. Dans les faits, les producteurs burkinabè ont été soutenus en tracteurs, en motopompes, en matériels aratoires, en pompes à pédales, en charrues, etc. Les résultats sont là avec des progrès tangibles enregistrés par exemple dans la production du riz, du niébé… Les jeunes ont pu bénéficier des différents fonds d’appui dans le domaine de l’entreprenariat agricole, entre autres notamment dans la création de PME. Les femmes ont été prises en compte à travers les micro-crédits qui financent aujourd’hui des activités génératrices de revenus. De grands chantiers de développement ont été entrepris : construction de barrages, de routes bitumées, d’échangeurs, d’hôpitaux, etc.
Il s’agit là de quelques réalisations qui confortent la position de notre pays sur le chemin de son développement. Aujourd’hui ce bilan positif au plan interne au rayonnement international de notre pays du fait de sa diplomatie gagnante sont à mettre au crédit de Blaise COMPAORE. C’est pourquoi, sans hésitation, le peuple en toute liberté a décidé de continuer le chemin avec, celui qu’il estime capable de l’amener sur les voies de l’émergence .o

Angelin DABIRE

Des fortunes diverses

En attendant le verdict officiel du Conseil constitutionnel, l’ensemble des 6 autres prétendants au fauteuil présidentiel ont engrangé 19,79% des suffrages exprimés, un peu plus qu’en 2005 (19,65). Une fois encore, l’opposition n’a pu inquiéter en allant en rangs dispersés à ce scrutin. Le seul motif de satisfaction à l’issue de cette compétition, c’est le fait pour deux candidats d’avoir dépassé le taux ‘’syndical’’ de 5% des suffrages pour prétendre au remboursement de la caution versée.

De 19,65% des suffrages en 2005, les candidats de l’opposition, y compris le candidat indépendant Maxime KABORE, ont pu engranger 19,79% au scrutin du 21 novembre 2010. Il s’agit bien d’une relative performance si l’on s’en tient à leur nombre en 2005 (13 candidats) par rapport à cette année où ils étaient 7. Les alliances ont peut-être permis de réduire le nombre de candidatures et pourraient expliquer l’amélioration des scores pour certains candidats. Notamment Hama Arba DIALLO (8,18%) et Me Bénéwendé Stanislas SANKARA (6,34%). Si l’opposition n’a pu participer à cette élection avec une seule candidature, il faut tout de même reconnaître qu’elle a fait un petit bond avec ces deux candidats dont la caution de 10 millions sera remboursée. Tout compte fait, chacun des six candidats de l’opposition devrait maintenant passer au crible ses résultats afin de savoir ce qu’il représente réellement sur l’échiquier politique national. Comme on en doutait, cette élection était un test grandeur nature pour nombre de politiciens dans les rangs de l’opposition qui, en période non électorale, ne font que se tourner les pouces et ne se rappellent leur existence aux Burkinabè que par des diatribes à l’endroit du pouvoir en place ou des querelles de clocher pour le leadership.

Il faut le dire, cette présidentielle de 2010 devrait servir de leçon à des opposants comme Dr Pargui Emile PARE du MPS/PF et Ouampoussoga François KABORE du PDP/PS. Eux qui sont considérés comme des vieux briscards de la scène politique burkinabè sont arrivés respectivement avant dernier (0,85%) et dernier (0,64%). Si l’avant dernier, bien que soutenu par une coalition de quatre partis (CDS, FPC Yelemani, MPS/PF, PSU) n’a même pas pu atteindre son score de 2005 (0,87%), le dernier lui, n’a pu préserver le score de 1,74% obtenu par le candidat que son parti a présenté en 2005. Ces deux candidats au regard de leurs résultats devraient faire autrement la politique s’ils se refusent de prendre leur retraite malgré le camouflet qu’ils viennent d’essuyer. Par contre, les candidats Hama Arba DIALLO et Maxime KABORE peuvent dans une moindre mesure s’en enorgueillir de leur score. En ce qui concerne le premier cité, il peut se féliciter non seulement de ravir la vedette au chef de file de l’opposition en occupant la deuxième place pour son premier essai à une compétition présidentielle, mais aussi d’avoir obtenu plus de 8% permettant de rembourser sa caution. En attendant les législatives de 2012 pour voir si l’actuel chef de file de l’opposition, Bénéwendé S. SANKARA qui a reculé en classement (3e) mais évolué en score (6,34%) dans cette élection présidentielle pourra conserver son titre, Hama Arba DIALLO se positionne comme un sérieux concurrent pour cette fonction. Maxime KABORE, le blanc bec politique parmi les 7 candidats aura agréablement surpris en occupant la 5e place. En tout cas, l’opposition pour ce scrutin n’a pas été à la hauteur comme d’habitude, et elle ne peut que s’en prendre à elle-même pour son émiettement et ses infantilismes.o.

Drissa TRAORE

Chef de file de l’Opposition
Attention Arba arrive !

L’un des charmes de la démocratie est qu’elle donne aux urnes le pouvoir de décanter certaines situations en mettant les hommes politiques à leurs places grâce aux choix des électeurs. Ce qui vient de se passer à l’occasion de cette présidentielle du 21 novembre dernier en est une parfaite illustration. En effet, la bataille politique et la vraie dans cette élection qui vient de se dérouler, ce n’était pas celle ayant opposé Blaise COMPAORE et les six autres candidats, mais celle entre Benewendé S. SANKARA, président de l’UNIR/ PS et Hama Arba DIALLO du PDS. L’enjeu était donc de savoir qui allait venir en 2e position après Blaise COMPAORE… les urnes ont répondu à la question et de fort belle manière avec en sus une menace à peine voilée sur le poste de Me SANKARA en tant que chef de file de l’opposition. Pendant ce temps, c’est Emile PARE qui s’enfonce politiquement disputant la dernière place à François O. KABORE, loin derrière le candidat indépendant, Maxime KABORE.

La lutte politique pour la deuxième place de cette présidentielle entre Benewendé S. SANKARA et Hama Arba DIALLO était déjà perceptible lorsque celui qui se proclame sankariste corps et âme, c’est-à-dire Norbert TIENDREBEOGO, avait décidé de soutenir la candidature de Hama Arba DIALLO. Pour qui connait « l’amour » entre SANKARA et TIENDREBEOGO, on pouvait aisément deviner ce qui allait se passer sur le terrain. Hama Arba DIALLO n’avait pas tellement de soucis à se faire, par contre Me SANKARA qui s’était déjà présenté en 2005 et avait obtenu 4,88% des voix soit 100 816 sur les 2 066 270 des suffrages exprimés donc 2e à l’arrivée, avait des défis à relever : Maintenir le cap ou le dépasser, confirmer sa force politique sur le terrain et surtout prouver que sa « robe » de Chef de file de l’opposition n’était pas usurpée. Et puis vint le 21 novembre, jour de l’élection présidentielle où les Burkinabé devaient donc choisir entre les 7 candidats. Le choix sera d’ailleurs sans appel, Le candidat Blaise COMPAORE, sans surprise arrive largement en tête avec 80, 2% des suffrages exprimés. Il est suivi de très loin par le candidat Hama Arba DIALLO, avec 8, 18% et un peu plus loin, le chef de file de l’opposition, Me SANKARA avec 6, 34%. Même si à l’analyse de ces chiffres, on peut dire que par rapport à 2005, Me SANKARA a fait un petit progrès (4,88% en 2005 et 6, 34% en 2010), cela n’occulte pas le fait que le Sankariste a perdu sa place de 2e au profit de Hama Arba DIALLO, «un novice» des présidentielles. Du même coup, les supputations et les analyses vont bon train. Hama Arba DIALLO, 2e, de cette élection avec 138 666 voix, bat le chef de file de l’opposition et l’aurait même battu en 2005, s’il s’était présenté. Au regard de ces résultats et connaissant nos hommes politiques de l’opposition, il ne serait pas exagéré d’affirmer qu’une lutte sans merci pour la “paternité” de la 1re place va se déclencher dans les semaines et mois à venir. Même si la loi clarifie la donne en disant que le chef de file de l’opposition est le responsable du parti de l’opposition qui a le plus grand nombre de députés à l’Assemblée nationale, il n’en demeure pas moins que Hama Arba DIALLO et ses partisans peuvent se targuer d’être la force politique de l’opposition qui compte le plus en attendant les législatives de 2012 pour la vraie décantation.

La lutte de leadership entre la mouvance Hama Arba DIALLO et celle de Me SANKARA sera inévitable, surtout que ce dernier s’est fait hara kiri le 21 novembre dernier en refusant de voter, sous prétexte qu’il manque des informations sur sa carte d’électeur. Juriste de formation, avocat, il a voulu prouver qu’il connaît, « terrorisant » du même coup les agents électoraux qui ne savaient plus à quel saint se vouer et ce n’est pas le responsable de son bureau de vote qui dira le contraire. Stratégie politique ou acte de désespoir ? Seul Me SANKARA a la réponse. Mais à l’analyse, on peut affirmer que son refus de voter n’est pas politiquement correct. A-t-il un seul instant pensé à ses électeurs en posant un tel acte ? Voulait-il profiter de la présence des nombreux observateurs et surtout de celle des médias internationaux pour se faire une Pub à peu de frais ? Bref les questions sur cet acte de Me SANKARA ne manquent pas. En tout cas, il a perdu sa deuxième place et il ne devrait que s’en prendre à lui –même pour un tel acte qui sera tristement gravé dans la mémoire de ses militants et des électeurs. On ne peut pas prendre plus de 28 millions du contribuable burkinabé, sillonner tout le pays pour battre campagne, inviter les gens à voter et se retrouver le « jour j » en train de donner des cours de droit à un responsable de bureau de vote et ensuite ne pas voter. C’est assurément prendre les militants et autres sympathisants pour «des nez percés», comme on le dit. Il faut savoir ce qu’on veut et être conséquent avec soi-même.
Le cas Pargui Emile PARE
«Pargui Emile PARE, le Chat noir du Nayala doit se taire maintenant avec ces résultats. Il nous casse les tympans, alors que politiquement, il n’est rien, même Maxime qui vient d’arriver l’a battu», telle est la sentence d’un téléspectateur après la conférence de presse du « Chat noir » le vendredi dernier. A l’analyse, ce « simple » téléspectateur n’a pas tort. En effet, celui qui se présentait aussi comme le candidat du peuple, n’est pas un novice, mieux, jusqu’à une période récente, il était considéré comme une des figures de l’opposition burkinabè, remplaçant valable du Vieux KI-ZERBO. Il comptait donc dans l’échiquier politique du Burkina Faso où ses sorties politiques et médiatiques étaient très attendues. Malheureusement, pour lui, il a oublié qu’en politique, il faut savoir adapter son discours en fonction de l’auditoire et en fonction du contexte tant interne qu’externe. En un mot, il faut savoir changer. Ce que Pargui Emile PARE, malgré sa souplesse naturelle de chat n’a pu faire. Car, comme le dit quelqu’un, «pendant la campagne Pargui Emile PARE n’avait pas de programme ou du moins son programme, c’était Blaise COMPAORE». Conséquence, il a passé les 21 jours de campagne à parler de «Blaise COMPAORE et de son CDP…», oubliant ainsi l’essence de sa campagne. Les résultats ne se sont pas fait attendre. Une « belle gifle électorale», le classant avant dernier loin derrière le jeune Maxime KABORE. En effet, selon les résultats de la CENI, Maxime KABORE a eu 24 888 voix et Pargui Emile PARE, 14 461 voix, la différence est nette. Si la honte tuait… On comprend aisément pourquoi, notre téléspectateur demande au « Chat noir » de se taire une bonne fois, comme pour dire que les tonneaux vides font le plus de bruit. L’homme, qui n’en démord pas, semble vouloir s’armer de courage pour 2015, son jeune âge l’y autorisant. Mais sincèrement, Pargui Emile PARE ne ferait-il pas mieux de prendre sa retraite politique après cette autre déculottée, ou à défaut prendre du recul pendant quelques années avant de revenir essayer ? Qui sait ?!

Maxime KABORE, un cas d’école
La révélation de cette présidentielle, Maxime KABORE, a confirmé ce que lui-même avait laissé entendre, c’est-à-dire être « l’événement et la surprise » de l’élection. Certains observateurs et analystes ne vendaient pas chère sa peau. Si bien qu’on le traitait de tous les noms d’oiseau. On a ainsi entendu dire que c’est un candidat accompagnateur, fabriqué par le pouvoir, d’autres disaient que c’est pour enrichir son CV ou encore que c’est pour amuser la galerie… mais au bout du compte, Maxime KABORE, le seul candidat indépendant, inconnu des Burkinabé, il ya de cela quelques mois, a prouvé que la politique reste ce qu’elle est, un domaine versatile où la vérité du matin peut s’avérer mensonge le soir. Outre le fait d’être, inconnu et indépendant, Maxime KABORE n’a été soutenu par aucun parti encore moins par un responsable politique. Nonobstant ce handicap majeur, qui n’était pas à négliger, il semblait apparaitre sur des terrains déjà conquis avec des candidats se réclamant la « paternité de tels ou tels fiefs ». Bref, tout cela n’a été qu’une vue de l’esprit. Maxime KABORE ayant prouvé qu’à cœur vaillant rien n’est impossible, comme le disent les scouts. Il a donc battu Pargui Emile PARE et sa coalition et O. François KABORE et son PDP/PS. Ouampoussoga François KABORE n’a même pas eu la moitié de ses voix. Conséquence, la percée de Maxime KABORE relance dans certains milieux, la question des candidatures indépendantes tant pour la présidentielle que pour les législatives.
En attendant, chapeau bas, à Maxime KABORE dont le discours et l’élégance politique semblent avoir fait des émules dans certains milieux. Prouvant ainsi qu’en politique aussi aux âmes bien nées la valeur n’attend point le nombre des années.

Ben Alex BEOGO

 

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