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la une du n°738
La Une du n°738
DOSSIER : N°738 du14 au 20 décembre 2011

Assises nationales
Tout est bien qui finit bien

Les Assises nationales sur les réformes politiques, tenues du 7 au 9 décembre 2011 au Palais des sports de Ouaga 2000, ont tenu leurs promesses. Avec pour objectif principal de consolider les propositions de la session du CCRP et celles des rencontres régionales, en vue du renforcement de la paix, de la démocratie et d’une gouvernance à même d’impulser le développement, ces assises ont abouti à des conclusions satisfaisantes pour les uns et les autres. Avec en perspective la création d’un organe de suivi et d’évaluation de la mise en ouvre des différentes propositions. En ce qui concerne les points consensuels, on peut noter, entre autres, la fixation de l’âge minimum et maximum des candidats à l’élection présidentielle, respectivement à 35 et 75 ans, l’effectivité du vote des Burkinabè de la diaspora, l’institutionnalisation du Conseil national de la jeunesse, la constitutionnalisation du genre. Pour les aspects non consensuels, il y a l’article 37, le redécoupage des circonscriptions électorales, la question de l’abolition de la peine de mort, les candidatures indépendantes. Nous vous proposons dans ce dossier, le rapport succinct des résultats des travaux, un commentaire sur le discours de clôture du président du Faso, suivi des points de vue des participants. Nous déplorons enfin, le scepticisme qui a prévalu à la non-participation de certains acteurs de la vie politique. Bonne lecture.

Drissa TRAORE


RESULTATS DES TRAVAUX

Les participants aux assises ont positivement apprécié les conclusions consensuelles issues des travaux du CCRP.
Au regard des axes examinés, les échanges tenus pour la consolidation des propositions de réformes se sont focalisés sur les points suivants:

Au niveau de l’axe 1, portant extension du dialogue democratique par la creation de nouveaux cadres d’expression

Sur la création de cadres de dialogue démocratique.
Dans le sens de la consolidation des cadres de concertations préconisées, il a été suggéré de :
- faire au préalable un inventaire et une évaluation des cadres déjà existant;
- veiller à ce que les cadres de concertation à créer soient dépolitisés;
- prendre en compte toutes les composantes de la société burkinabé aux plans national, régional et communal ainsi que les burkinabé de l’extérieur chaque fois que cela est nécessaire.

Sur la chefferie traditionnelle
Les participants se sont penchés sur la proposition consensuelle du CCRP portant constitutionnalisation de la chefferie traditionnelle et coutumière. Si un consensus s’est dégagé sur la reconnaissance de la Chefferie traditionnelle et coutumière dans la Constitution sans en faire une institution au regard de la forme républicaine de l’Etat, les avis restent partagés quand à la pertinence de l’engagement politique des chefs coutumiers et traditionnels. Pour certains acteurs, l’engagement politique des chefs coutumiers et traditionnels pourrait contribuer à la détérioration de leur statut social. D’autres par contre estiment que les chefs coutumiers et traditionnels sont des citoyens à part entière, et par conséquent l’on ne peut leur dénier le droit d’être éligible et électeur. L’absence de consensus des travaux du CCRP sur ce point a donc été confirmée.
Pour l’élaboration des statuts de la chefferie coutumière et traditionnelle, le consensus obtenu au cours des travaux du CCRP a été réaffirmé.

Au niveau de l’axe il portant redéfinition des rapports entre l’exécutif, le législatif et le judiciaire dans la perspective d’un réel équilibre des pouvoirs

Les participants aux assises nationales ont dans l’ensemble apprécié favorablement les propositions consensuelles issues du CCRP sur cet axe. Toutefois, dans un souci d’amélioration et de préservation de la stabilité et de la paix sociale, une majorité s’est prononcée pour:
- fixer l’âge minimum et maximum des candidats à l’élection présidentielle respectivement à 35 et à 75 ans;
- prendre en compte toutes les composantes non politiques dans la composition du sénat tout en évitant la pléthore de ses membres dont le nombre pourrait avoisiner 90 ;
- augmenter le nombre des députés en veillant à ce que chaque province ait au moins deux députés.

Au niveau de l’axe iii portant sur l’amélioration de la gouvernance électorale

Sur cet axe, il n’y a pas eu non plus de remise en cause des propositions consensuelles du CCRP. Les uns et les autres ont plutôt exprimés des interrogations qui seront prises en compte par la structure chargée de la mise en œuvre des propositions de réformes qui seront retenues. Des propositions ont dans ce sens été faites pour :
- faciliter la participation des personnes handicapées aux opérations électorales;
- ouvrir des bureaux de vote dans les ambassades, consulats généraux et consulats honoraires pour faciliter le vote des burkinabé de l’extérieur;
- permettre le vote de tous les électeurs en reprenant la délivrance massive des CNIB et des actes d’état civil.

Au niveau de l’axe iv portant sur les politiques sectorielles et le renforcement de la gouvernance globale

Il convient de relever que sur cet axe, un consensus avait été obtenu sur la constitutionnalisation du genre. Le CCRP avait en outre formulé des recommandations visant l’amélioration des politiques sectorielles et la gouvernance globale.
Les Assises nationales sur les réformes politiques ont avalisé toutes ces recommandations préconisées et en ont adopté de nouvelles qui prennent en compte les spécificités régionales et les préoccupations des burkinabé de l’extérieur.

Au niveau du mécanisme de mise en œuvre et du dispositif de suivi
Les participants aux assises nationales se sont accordés pour dire que la mise en œuvre des conclusions consensuelles doit être assurée par la Gouvernement à travers la Ministère en charge des réformes politiques.r


 

Blaise COMPAORE s’engage…

 


Débutés en juin et poursuivis en octobre 2011 à travers les Assises régionales, les travaux du Conseil consultatif sur les réformes politiques (CCRP) ont pris fin ce vendredi 9 décembre 2011, avec pour point saillant le discours du Président du Faso. On retiendra de ce discours que Blaise COMPAORE reste attaché à des convictions qui n’ont pas varié depuis 1991 : C’est ensemble que nous pourrons construire un Burkina démocratique, fort et résolument engagé vers le bien-être pour chacun et le bonheur pour tous. C’est pourquoi, il s’est une fois de plus engagé à traduire dans les faits toutes les conclusions consensuelles du CCRP, fruits de plusieurs mois de labeur impulsé par les représentants de la majorité des catégories socioprofessionnelles de notre pays.

La cérémonie de clôture des Assises nationales à été présidée par Blaise COMPAORE, Chef de l’Etat«Je m’engage solennellement à mettre en œuvre les idées consensuelles issues des concertations, avec le précieux concours des institutions de la République car il s’agit d’un compromis historique fondé sur le sens élevé de l’intérêt ; collectif et l’attachement aux valeurs de paix et de cohésion nationale», tels sont, entre autres, les propos présidentiels à la cérémonie de clôture des travaux. Des propos teintés de modestie et d’une volonté affichée d’aller dans le sens de la dynamique voulue par le peuple au travers de ses représentants au CCRP. Pour ceux qui, dès le départ, pensaient que les conclusions dormiront dans les tiroirs les propos de Blaise COMPAORE ne laissent pas de place au doute : «Je m’engage solennellement à mettre en œuvre les idées consensuelles». Comme, on peut le constater, une fois de plus, ce sont les sceptiques qui auront tort et bien sûr tous ceux et toutes celles qui démocratiquement ont décidé de se mettre en marge du processus de réformes politiques. Aucune partie prenante de ces différents cadres d’échanges n’a imposé ses vues quand bien mêmes certaines positions étaient tranchés. Les Assises nationales ont montré qu’en dépit de leurs pertinences, certaines questions bien qu’essentielles pour le renforcement de la démocratie n’ont pas connu de consensus. C’est pourquoi, interpellant tous les citoyens, le Président du Faso fera remarquer que : «les idées de réformes apparues non consensuelles n’en demeurent pas moins d’une importance certaine pour l’approfondissement de la démocratie, des libertés et de l’Etat de droit». Il poursuivra ciblant certaines questions : «Je pense particulièrement à celles relatives aux candidatures indépendantes, à la limitation des mandats électifs, au redécoupage des circonscriptions électorales, à l’abolition de la peine de mort et autres. Je vous convie à poursuivre les analyses sur ces questions tout aussi essentielles, car aucune contribution ne me paraît négligeable dans la construction d’une nation émergente, solidaire et démocratiquement forte». Convaincu donc que ce sont les débats d’idées souvent même les contradictions qui renforcent et font avancer la démocratie, Blaise COMPAORE invite les Burkinabé de tous bords à la réflexion et à l’analyse pour qu’à terme ce qui n’est pas consensuel le soit. En attendant, il est important que tous les acteurs du processus débauchent leurs énergies pour que les points consensuels se traduisent dans les faits. Dans cette dynamique, les organisations de la société civile sont plus interpellées à jouer pleinement leur rôle à coté de la sphère partisane. Au regard de tout ce qui précède et au vu de l’engagement présidentiel, on peut affirmer avec Arthur de Gobi NEAR qu’«Un peuple a toujours besoin d’un homme qui comprenne sa volonté, la résume, l’explique et le mène où il doit aller».

Ben Alex BEOGO

Allocution du Président du Faso au CCRP


Monsieur le Président du bureau des Assises nationales sur les Réformes Politiques ;
Mesdames et Messieurs les Membres des Assises nationales ;
Honorables invités ;
Mesdames, Messieurs ;

Le mandat présidentiel que je viens de commencer, s’ouvre dans un contexte où les démocraties dans le monde sont mises à rude épreuve par les crises systémiques des modèles de développement en cours et les faiblesses des formes de la représentation dans l’Etat républicain.
En vue de donner plus d’efficacité à notre gouvernance politique, économique et sociale, j’ai choisi cette instance consultative pour mieux prospecter les voies et moyens d’anticiper sur les réponses aux enjeux d’enracinement de la démocratie ainsi qu’aux besoins pressants de changement exprimés par le peuple à divers niveaux.
En appelant à Ouahigouya en 2009 et lors de la dernière campagne présidentielle mes citoyens à la réflexion sur ces questions majeures, j’entrevoyais l’urgence d’œuvrer à la préservation de nos acquis par le renforcement de la paix et le raffermissement de la gouvernance.
L’analyse prospective du quinquennat en cours, impose de grandes mutations à court, moyen et long terme, selon nos réalités propres.
Aussi, ai-je estimé que les conditions sont réunies pour mettre en mouvement le processus de réformes à travers un dialogue inclusif dans le respect des exigences de notre démocratie.

Honorables invités ;
Mesdames, Messieurs ;

Le Conseil consultatif sur les réformes politiques et institutionnelles, les rencontres régionales ainsi que les présentes assises, constituent à mes yeux des étapes successives d’un large diagnostic pour une prise en compte effective des préoccupations du peuple.
Dans ce sens, j’apprécie le travail accompli par cette assemblée qui a revisité tous les problèmes énoncés par les acteurs de notre société.
Je félicite ses membres pour l’adoption de propositions consensuelles susceptibles d’induire l’adhésion de toutes les composantes de notre nation autour des objectifs de paix, de stabilité et de développement.
Je voudrais à cet instant particulier, et au nom du peuple burkinabè tout entier, adresser ma profonde gratitude aux formations politiques de la majorité et de l’opposition, aux organisations professionnelles et de la société civile, aux autorités coutumières et religieuses, à la jeunesse, aux associations des femmes et des personnes du troisième âge, aux Burkinabè de l’étranger, à tous ceux et à toutes celles qui ont pris part à ce dialogue qui connaît aujourd’hui son épilogue. Je m’engage solennellement à mettre en œuvre les idées consensuelles issues des concertations, avec le précieux concours des institutions de la République car il s’agit d’un compromis historique fondé sur le sens élevé de l’intérêt collectif et l’attachement aux valeurs de paix et de cohésion nationale.
Les progrès réalisés en matière de décentralisation et de déconcentration permettront d’accélérer ce processus de responsabilisation de l’ensemble des Burkinabè et de renforcer l’esprit citoyen.
Les échanges et les débats se poursuivront avec une implication forte des partenaires privilégiés sur les sujets pouvant donner lieu à des réformes ultérieures, particulièrement sur les domaines essentiels de la santé, de l’éducation, de la promotion de la jeunesse, des Burkinabè de l’extérieur et des personnes âgées ou vivant avec un handicap.
Toutes les actions que vous avez préconisées et dont j’atteste la pertinence, connaîtront une concrétisation dans le respect du genre, puissant adjuvant pour un ancrage solide et harmonieux des politiques publiques au sein de la communauté.

Mesdames, Messieurs ;
Les idées de réformes apparues non consensuelles n’en demeurent pas moins d’une importance certaine pour l’approfondissement de la démocratie, des libertés et de l’Etat de droit. Je pense particulièrement à celles relatives aux candidatures indépendantes, à la limitation des mandats électifs, au redécoupage des circonscriptions électorales, à l’abolition de la peine de mort et autres.
Je vous convie à poursuivre les analyses sur ces questions tout aussi essentielles, car aucune contribution ne me paraît négligeable dans la construction d’une nation émergente, solidaire et démocratiquement forte.

Honorables invités ;
Mesdames, Messieurs ;

A travers ce processus qui va donner une légitimité et une légalité plus forte à l’Etat de droit et consolider le climat de paix et de sécurité, j’invite l’ensemble de mes concitoyens à toujours faire preuve de sagesse et de sens élevé de la tolérance afin de conférer une place primordiale aux idéaux de démocratie et de dialogue.
Ces vertus permettront à notre peuple souverain de transcender les divergences et d’entretenir les concertations utiles à la protection de ses acquis immenses.

Mesdames, Messieurs ;
Aujourd’hui plus qu’hier, ma conviction est faite sur l’impérieux devoir de tous les acteurs de la vie nationale, de s’engager résolument dans le raffermissement de l’ordre républicain.
Les conclusions de ces assises, en même temps qu’elles constituent des indications pertinentes pour nos actions futures, sont le chemin de la paix, du développement et de la stabilité durable pour notre pays.
Afin d’accomplir ces charges avec succès, il sera instamment créé un organe de suivi et d’évaluation de leur mise en œuvre.
J’appelle l’ensemble des Burkinabé, aussi bien ceux de l’intérieur que ceux vivant à l’étranger à conjuguer leurs énergies pour la réussite de ces précieuses réformes dans l’intérêt général.
En formant le vœu que cette plateforme de dialogue historique serve la consolidation de la paix et de la solidarité, je vous réitère ma disponibilité à accompagner la réalisation de notre forte et commune ambition de faire du Burkina Faso une terre de liberté et de progrès.


Je vous remercie.
Ouagadougou, le 09 décembre 2011

 

Propos de délégués

Après trois jours de travaux au sein de la troisième étape du processus visant à reformer l’architecture politique et institutionnelle du Faso, nous avons approché certains délégués qui ont bien voulu nous livrer leurs sentiments de l’atmosphère générale qui a prévalu durant les travaux du CCRP.

Dr Gaston SOUBEIGA, expert
Il faut dire que ces assises sont l’aboutissement d’un processus qui a été annoncé depuis le 49e anniversaire de notre indépendance qui s’est passé à Ouahigouya. Vous savez qu’après cette annonce, lors de la campagne présidentielle, le président a encore réitéré sa volonté de voir des réformes se réaliser pour consolider notre démocratie. C’est à l’issue de cela que quand le gouvernement s’est formé après les élections il y a eu la création d’un ministère chargé des réformes. Après cela, il y a eu la création du CCRP (Conseil consultatif pour les Réformes politiques). Le CCRP a travaillé à dégager des points consensuels et des points non consensuels.
Aujourd’hui, les assises ont lieu après celles régionales, c’est-à-dire les rencontres régionales pour permettre justement l’appropriation de ces différents points aussi bien consensuels que non consensuels. Finalement, la boucle vient d’être bouclée avec ces assises nationales qui, normalement, devraient consolider toutes ces propositions qui ont été obtenues lors de ces rencontres passées.
Pour ce qui concerne le travail d’aujourd’hui, c’était juste pour que les participants aux assises puissent s’approprier et consolider d’avantage ce qui a été arrêté de façon consensuelle au niveau du CCRP et au niveau des régionales.
Pour les points non consensuels, la discussion se poursuit. Nous pensons que pour aujourd’hui, les résultats étaient, très positifs et c’était très appréciable également. Parce que les uns et les autres ont compris à l’issue des débats qu’il fallait faire un certain nombre de concession. C’est ainsi que vous avez, par exemple, la fourchette d’age du candidat à la présidentielle qui a été revue de 35 à 70 ans passant de 35 à 75 ans.
Egalement, les participants ont attiré l’attention pour que les différents cadres de concertation de dialogue direct qui vont être créés ne soient pas des cadres politisés. Beaucoup de questions ont été soulevées qui avaient tendance à mettre des balises pour notre démocratie. Moi, personnellement, j’apprécie positivement. C’est vrai que nous n’avons pas eu tout ce que nous voulions, nous n’avons pas atteint les résultats qu’on escomptait. Mais quand on part à des rencontres de ce type on ne peut pas être satisfait sur toute la ligne. L’article 37 fait partie malheureusement des points non consensuels. Donc, il n’a pas été évoqué et reste parmi les points qui vont être encore étudiés et qui seront examinés prochainement. Toutefois nous n’oublions pas que ce qui n’a pas été consensuel aujourd’hui peut l’être demain. Et nous pensons que si on se réfère au peuple, c’est toujours bon. Car le peuple est souverain.

Yacouba SAWADOGO, député, membre du Comité de suivi et membre de la délégation de l’ADF/RDA`
Ces trois jours ont permis aux assises nationales de revisiter les propositions consensuelles qui ont été faites lors du CCRP, et enrichies lors des assises régionales. Alors, ces axes, ont porté sur la gouvernance, les réformes, la participation des chefs coutumiers et traditionnels, la société civile… mais dans l’ensemble, les propositions consensuelles ont été bien accueillies, enrichies d’abord. Mais d’une façon générale, la chose s’est passée comme si nous étions au CCRP et aux rencontres régionales. Alors, nous avons abouti à un consensus général qui permettra à l’exécutif, notamment au chef de l’Etat de voir dans quelle mesure l’exécutif appuyé par l’Assemblée nationale et les collectivités de la société civile pourront mettre en œuvre ces propositions. A mon humble avis c’est une rencontre réussie au cours de laquelle, notre parti l’ADF/RDA, avec sa forte délégation a pu participer et a donné son point de vue par rapport à ce mouvement politique socioculturel du Burkina Faso. Lors de ces assises nationales, nous avons noté avec satisfaction, la participation effective de toutes les composantes de la société politique, économique, socioculturelle. Nous pensons que les assises ont été une très bonne chose.
L’ambiance était totale. Souvent sereine, parfois difficile ; mais j’avoue que c’est aussi dû au fait que le CCRP, les régionales et les assises nationales préconisaient que les rencontres soient franches et que chacun puisse dire ce qu’il pense, ce qu’il veut, dans la sérénité, mais seulement avec respect mutuel. Et nous avons noté que ces points de vue ont été partagés par l’ensemble des participants même si certains ont dérapé. Mais il faut comprendre que certains ont des positions assez claires qu’ils ont voulues dire à l’ensemble des participants et s’exprimer davantage. C’est aussi comprendre que les gens sont venus parce qu’ils tenaient à s’exprimer et à faire comprendre aussi leur point de vue. C’est de la différence que jaillit la lumière. Et je pense que nous avons eu de très bonnes assises. C’est vrai que 1 500 délégués, je notais dans les archives 1 550 délégués compte tenu de certaines considérations notamment les Burkinabè de l’étranger, des experts, et du comité de suivi, c’est beaucoup, 1 500.
Mais pour ceux qui ont assisté à ces assises nationales, c’est ceux qui ont eu l’occasion de participer soit au CCRP, soit aux régionales donc, ce n’est qu’une composition d’un certain nombre d’équipes qui ont déjà eu à discuter sur ce genre de choses.
Tout s’est bien passé, car comme le prévoyait le règlement intérieur, les interventions se sont dévoilées par composante. C’est donc le lieu de féliciter l’ensemble des participants. Et au regard de l’indulgence du bureau ayant conduit ces assises, même si le temps des interventions était très réduit.

Sayouba OUEDRAOGO, délégué du Centre-Nord, député à l’A.N
Je pense que les assises ont été une bonne chose. Elles ont permis à l’ensemble de la classe politique de s’exprimer tant au niveau national qu’au niveau régional, de dire ce que chacun pense pour approfondir la démocratie dans notre pays. Je pense que ces assises ont couronné l’ensemble des débats que la classe politique a eu depuis un certain nombre de temps. Je pense que les conclusions auxquelles nous sommes parvenues aujourd’hui sont salutaires. C’est un débat ouvert, franc et chacun a pu s’exprimer, toutes les composantes ont pu s’exprimer je pense qu’à partir de ces conclusions, nous pouvons espérer approfondir la démocratie et espérer que la paix sociale règne dans notre pays.
On a lu un rapport général qui fait la synthèse de l’ensemble des débats. Donc je pense que tout ce qui a été dit dans le rapport de synthèse, chaque participant s’y reconnaît. Donc, ces conclusions auxquelles nous sommes parvenues sont ces de tous les participants. C’est vrai que lors des débats contradictoires, chacun dit ce qu’il pense. Ils y en a qui voulaient une assemblée constituante, certains, un gouvernement de transition, d’union nationale. Mais je pense que nous avons démontré qu’une Assemblée constituante, ou un gouvernement d’union nationale n’est pas la bienvenue dans le contexte actuel des choses. Nous avons des institutions qui fonctionnent normalement, nous ne sommes pas dans une période de crise très profonde où les institutions républicaines ne marchent pas jusqu’à ce que nous devrions changer de République. Donc, je pense que le débat auquel les gens sont parvenus sont des débats de majorité.
Le mode d’adoption est le consensus et non la majorité ; il suffisait qu’une seule personne ne soit pas d’accord avec une position pour que le consensus ne soit pas trouvé.
Ce qui a été retenu, c’est qu’il y avait des cadres au niveau national,régional, communal. On va essayer d’élargir les cadres du dialogue à tous les niveaux. On a balisé le terrain sur tous les niveaux, éducationnel, sanitaire. On a fait des recommandations sur tous les plans et je pense que chacun se retrouve à ce niveau. C’était un bon climat et je profite de cette occasion pour remercier et féliciter le præsidium qui a été vraiment très attentif, qui a su diriger les débats et qui nous a amenés à terminer les travaux dans les délais impartis. C’est vrai, il y a des gens par moments qui surchauffaient la salle. Mais c’est normal, quand vous recevez 1 500 personnes, il y a tous les caractères. Il y a les modérés, il y a les impulsifs. Tout ce que vous voulez, mais quand même, le præsidium a su maîtriser les débats afin de terminer dans les meilleurs délais. Donc, je le félicite pour le travail abattu, pour sa patience et sa manière de diriger les choses.

Siméon SAWADOGO, délégué Centre-Est
Siméon SAWADOGO, délégué Centre-EstJe voudrai de prime abord remercier le Président du Faso d’avoir permis à l’ensemble des composantes de la société burkinabè d’échanger sur des éléments aussi importants que les points qui ont été inscrits à l’agenda du CCRP et qui nous a été soumis au niveau des assises nationales et féliciter l’ensemble du bureau et des acteurs qui nous ont permis de nous asseoir et d’échanger. Je voudrai dire que ces assises nationales ont été une opportunité également d’échanges empreintes de cordialité, de courtoisie et surtout de responsabilité. J’ai noté que les différentes parties ont exprimé leur position de façon claire même si souvent ce sont des opinions dirigeantes. Mais c’est ça également la démocratie. Que ce soit l’opposition, la majorité, la société civile, l’ensemble donc des corps constitués qui ont pu prendre part.
Chacun a exprimé son opinion sur les points qui ont été donnés. Que ce soit au niveau des cadres d’échanges qui ont été proposés, je pense que ça permet au peuple burkinabè chaque fois que de besoin d’échanger sur les grands enjeux pour son développement et exprimer les points de vue et également d’aboutir à des résultats qui vont permettre donc d’engager l’ensemble des synergies.
En ce qui concerne les autres points comme la gouvernance électorale, les problèmes sectoriels l’ensemble des points consensuels qui ont été dégagés, personne ne les a remis en cause.
C’est déjà un élément essentiel. Donc, les points de non-consensus, ce n’est pas des points non plus à négliger mais, le débat va se poursuivre. Mais on s’est accordé pour que les points consensuels qui ont été adoptés au niveau du CCRP, que nous puissions les mettre en œuvre. Nous avons noté agréablement que le chef de l’Etat s’est engagé à mettre en œuvre ces réformes consensuelles. C’est déjà un élément important, un acquis. Egalement, il a laissé une ouverture pour des échanges sur des points non-consensuels. Donc aujourd’hui, ça va permettre au peuple burkinabè d’avancer sur le plan politique et évidemment, s’il y a une certaine stabilité, la quiétude, la confiance établie évidemment, le développement pourra aller plus.
En ce qui concerne les chefs coutumiers et traditionnels, il y a un consensus qui s’est dégagé qu’il faut un statut pour les chefs coutumiers et traditionnels. Toutes les composantes ont été d’accord sur ce point. C’est la mise en œuvre de ce statut et le contenu qui pourrait lui être accordé ou non d’agir ou non, de se retrouver sur la scène politique en tant qu’électeur ou éligible, c’est la question qui est posée. Et là il n’y a pas eu consensus.
Mais comme la réflexion continue et que le statut va être instauré, on aura le temps de revenir sur cette question étant entendu que les intéressés eux-mêmes vont faire des propositions. On verra bien.

Augustin ILBOUDO, Président des ressortissants du Burkina vivant aux Pays-Bas (Faso yélé) (Diapora)
L’environnement qui a prévalu durant les trois jours, est que l’ambiance était sereine. Les gens ont discuté sereinement. Seulement, ce que les gens ont déploré, c’est que nous n’ayons pas eu les documents à temps pour nous préparer en conséquence et consulter tous nos compatriotes qui sont là-bas aussi pour demander leur avis. Aussi, nous avons pris le train en marche. Mais, néanmoins, nous avons pu exprimer l’opinion de nos différentes composantes. On a essayé de participer aux débats, au fur et à mesure qu’on avançait, on a pu quand même dire ce que nous nous pensions des réformes politiques qu’il faudrait engager pour amener le Burkina sur la voie de la démocratie.
C’est en fonction des délégations, parce que nous ne vivons pas les mêmes réalités, que nous avons fait les propositions. Nous avons souhaité qu’à l’avenir, on puisse nous associer à toutes les questions qui concernent la vie de la nation pare que nous sommes aussi des Burkinabé, qu’on nous permette de donner notre opinion, et surtout on a insisté sur la possibilité des Burkinabè de l’étranger de participer aux votes qui vont venir, les législatives et les municipales, qu’on nous permette de voter.
Aussi qu’on prenne en compte le passeport comme un document officiel de vote. Parce que à l’extérieur on n’a toujours pas la possibilité d’acquérir la pièce d’identité nationale. Et puis aussi qu’on essaie de décentraliser les bureaux de vote. Parce qu’il y a des juridictions qui regroupent deux, trois, quatre, cinq pays. par exemple, si on décentralise les votes au niveau de l’ambassade, quelqu’un va faire deux cents à cinq cents kilomètres pour aller voter alors que nous avons nos propres préoccupations, cela ne va pas mobiliser les gens à aller voter. Ce sont des exemples que je donne. Et nous avons essayé vraiment d’apporter notre contribution.
Sur les réformes nous avons proposé par exemple, une réforme du système éducatif pour prendre en compte le développement économique du pays. Qu’on favorise la formation des gens aux métiers. Par exemple, on constate qu’il y a des gens qui sortent avec des diplômes qui sont au chômage. S’ils avaient été formés aux métiers professionnels, ils pourraient créer leurs propres entreprises et ça allait résorber aussi le chômage. Mais si on se contente de l’enseignement général, on va former des gens qui sortent avec des diplômes qui ne trouvent pas du travail. Donc ça fait augmenter le chômage. C’est une bombe sociale que nous sommes en train de fabriquer. Donc voilà quelques exemples de propositions que nous avons eues à faire durant ces assises.

Wendpouiré Aristide OUEDRAOGO

Ils ont eu tord

Les Assises nationales sur les réformes politiques ont pris fin ce vendredi 9 décembre, clôturant ainsi les réflexions sur l’avancée de la démocratie et la paix dans notre pays. Elles ont été suscitées depuis 2009 par le Président du Faso. D’aucuns ont vu en ces assises une opportunité pour faire changer les choses, d’autres un leurre. Ceux qui voyaient en ces réformes comme un leurre ont donc décidé de ne pas participer. En tête, le chef de file de l’opposition incarné par Me SANKARA. Ont-ils eu raison de n’avoir pas participé ? Evidemment que non. Ils ont eu tord et surtout le chef de file.

Les 1500 délégués issus des partis politiques et de la société civile ont approfondi les propositions consensuelles du CCRP et celles venues des assises régionales. Avec leurs conclusions, ils donnent tord à Me SANKARA et à tous ceux qui ont décidé de boycotter ces assises. Et pour cause, les délégués ont arrêté les modalités de la mise en application des conclusions. Les propositions non consensuelles restent intactes. Pour tout dire
En ce qui concerne l'axe I, les participants ont préconisé de faire l'inventaire et une évaluation préalable des cadres de concertation existante, et d'y inclure tout le monde ; l'idée de conférer un statut à la chefferie traditionnelle a été confirmée. Pour ce qui est de l'axe II : l'âge planché des candidats à l'élection présidentielle a été fixé à 35 ans et plafonné à 75. Le Sénat devra être composé d'éléments apolitiques et les membres de cette haute chambre ne doivent pas excéder 90 personnes. Le nombre de députés a été augmenté, avec au moins 2 députés par province. La question de l'amnistie a été aussi consensuelle.
Ils se sont fourvoyés
A l’axe III relatif à la gouvernance électorale, il a été recommandé de façon consensuelle de faciliter la participation des personnes handicapées aux opérations électorales ; d'ouvrir des bureaux de vote dans des ambassades, consulats généraux et consulats honoraires pour faciliter le vote des Burkinabè de l'extérieur ; de permettre le vote de tous les électeurs en reprenant la délivrance massive des CNIB et des actes d'état civil. Enfin, l'axe IV rencontré a un accord parfait sur la constitutionnalisation du genre ; l'amélioration des politiques sectorielles et la gouvernance globale. En ce qui concerne les modalités de mise en pratique des recommandations consensuelles, les délégués s'en sont remis au gouvernement à travers le ministre chargé des Réformes politiques. Un organe de suivi de la concrétisation de ces propositions sera créé sur le modèle du CCRP et chapeauté par le ministre en charge des Réformes politiques.
Ceux qui ont refusé de participer ont donc eu tord. Ils ont avancé des arguments à la limite fallacieux. Me SANKARA chef de file de l’opposition qui aspire à diriger ce pays a encore raté le coach. Tout comme il a versé sa figure lors des élections présidentielles de novembre 2010. Il a pris l’argent du contribuable, a bâti la campagne et a refusé d’aller accomplir son devoir civique sous prétexte que la carte d’électeur n’est pas légale. Le CCRP était une tribune pour qu’il apporte ses réflexions à même de faire avancer les choses dans la gouvernance électorale. D’autres l’ont fait à sa place. Ceux qui ont refusé de participer ont refusé de contribuer à la construction de notre pays. Un adage mossi dit que : «Si une danse est organisée dans une famille, chaque membre est tenu d’y d’esquisser des pas.» Me SANKARA et les autres se sont exclus de cette famille comme pour dire qu’ils ne participent pas à son développement et en ont cure de sa paix. Le CCRP a livré ses conclusions. Et toute honte bue, les boycotteurs se prévaudront de ces acquis pour revendiquer des droits. Mais que voulez-vous ? C’est ça aussi le Burkina !r

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