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La Une du n°744
DOSSIER : N°744 du 25 au 31 janvier 2012

La petite histoire de la CAN 2012

L’acte constitutif de la CAF fut signé, le 8 juin 1957, à Khartoum au Soudan ; mais les prémices de la création l’instance panafricaine du football ont été lancées en juin 1956 à Lisbonne au Portugal lors d’un congrès de la FIFA . Abdelaziz Abdallah SALEM en fut nommé premier président. Le 10 février 1957 se tenait son Assemblée constitutive. La première édition de la Coupe d’Afrique des nations a eu lieu du 10 au 16 Février 1957 à Khartoum et a regroupé l’Égypte, l’Éthiopie et le Soudan. L’Egypte sera le 1er vainqueur de la compétition. Le tirage au sort effectué avec l’Afrique du Sud avait donné comme programme des demi-finales : Egypte-Soudan et Ethiopie-Afrique du Sud. Le régime de l’apartheid qui régnait à l’époque au pays de MANDELA n’admettait pas la composition d’une équipe multiraciale. Face au refus des autres d’accepter la discrimination, les Sud-africains se retirent. Les Éthiopiens estiment donc qu’ils ont gagné par forfait et sont admis pour la finale. Ainsi, la 1e CAN jouait son premier match, qui faisait office de deuxième demi-finale, entre Soudanais et Égyptiens. Les joueurs des bords du Nil s’imposent sur le score de 2 buts à 1 face à leurs adversaires du Soudan puis, le 16 février, battront en finale les Éthiopiens (4-0). C’est donc l’Egypte qui remporte le premier trophée offert par Abdelaziz Abdallah SALEM, un des pères fondateurs de la Confédération africaine de football (CAF).Depuis lors, 27 éditions se sont déroulées avec une écrasante domination des Pharaons d’Egypte qui totalisent sept titres 1957, 1959, 1986, 1998, 2006, 2008, 2010 ; suivis des Blacks Stars du Ghana avec 5 titres (1963, 1965, 1978, 1982). Le Cameroun est monté sur la plus haute marche du podium en 1984, 1988, 2000, 2002. La République Démocratique du Congo (1968, 1974) et le Nigeria (1980, 1994) ont gagné deux fois. L’Éthiopie (1962), le Soudan (1970), le Congo (1972), le Maroc (1976), l’Algérie (1990), la Côte d’Ivoire (1992), l’Afrique du Sud (1996) et la Tunisie (2004) ont goûté à la victoire chacun une fois. Depuis sa création, 37 pays ont pris part, au moins une fois, à une phase finale de la CAN. L’Égypte détient le record de participation avec 22 présences devant la Côte d’Ivoire (20), le Ghana (19), le Cameroun et le Nigeria (16). Le Burkina est à sa 8e présence tandis que le Botswana, la Guinée équatoriale et le Niger sont à leur première apparition. La CAN se déroule pour la deuxième fois seulement de son histoire en Afrique centrale après l’édition 1972 au Cameroun. C’est aussi la seconde co-organisation après la CAN 2000 au Nigeria et au Ghana. Pour la première fois depuis la CAN 1996 et le forfait de la sélection nigériane, le vainqueur est absent lors de la phase finale suivante. Les Pharaons, dont le pays, l’Egypte a été victime de soubresauts politiques n’ont pas pu se qualifier pour la phase des finales.

Ahmed NAZE


Les Etalons se compliquent

la tâche

Les Etalons se sont couragement battusLa 28e Coupe d’Afrique des Nations débute sur une mauvaise passe pour le Burkina. En effet, en perdant le premier match contre les Palencas Negras d’Angola, les Etalons compliquent leur situation pour la suite de la compétition..

On a envie de dire que l’histoire se répète pour les Etalons du Burkina. Chaque entame de CAN est toujours difficile. Le 22 janvier 2012 au Stade de Malabo, Moumouni DAGANO et ses camardes ont rendu une mauvaise copie pour leur première sortie dans la compétition. Face aux Palencas Negras d’Angola, les hommes de l’entraîneur Paulo DUARTE n’ont pas semblé se donner les moyens de remporter la partie. D’abord, par le système de jeu ; car, dans une configuration défensive avec une disposition 4-3-3 avec surtout trois demi défensifs (Florent ROUAMBA, Djakardja KONE et Charles KABORE), les Etalons manquaient de rampe de lancement à la récupération du ballon. Ce qui a obligé les attaquants à revenir plus bas pour récupérer le ballon. Conséquence, il faut parcourir beaucoup de distance pour attaquer la défense angolaise. Dans une configuration pareille, il est très difficile de mettre en danger une équipe aussi bien organisée que les Palencas Negras. Conséquence, le Burkina s’est retrouvé avec une formation très étirée sur le terrain offrant des espaces aux joueurs angolais qui étaient dans une configuration en losange au milieu de terrain. Paulo DUARTE aurait dû corriger le système à la pause surtout que le score était encore nul. Malheureusement, le Portugais était sûr de son élément et est reparti sur les mêmes bases. L’option de jouer plus haut par les Palencas Negras oblige alors la défense des Etalons à évoluer plus bas. Bakary KONE qui a voulu montrer ses talents de jongleur sert de façon magistrale Carlos MATEUS dès l’entame de la seconde période. L’ouverture du score sans assommer les Burkinabè les perturbe néanmoins cela d’autant que les Etalons se croyaient toujours dans le bon tempo. Les faits vont leur donner raison. Alain Sibiri TRAORE allait faire parler son pied gauche sur une balle. Son coup franc des 25m est allé se loger au deuxième poteau de la cage angolaise. A un but partout, l’espoir renaît. Le problème, c’est que l’efficacité ne va pas se poursuivre dans le match. Et une seconde erreur de relance va nous coûter encore la quinine. MANUCHO bien servi bat Daouda DIAKITE et marque le second but angolais. Malgré les aménagements avec l’apport positif de Madi PANANDETIGUIRI dans le couloir gauche, les Etalons vont essuyer leur 16e défaite en phase finale de CAN.

Il faut se relancer face à la Côte d’Ivoire
Alain Traore et ses camarades«Contre la Côte d'Ivoire, il faudra gommer les petites erreurs et être plus appliqué. La Côte d'Ivoire est une très bonne équipe avec de très bons joueurs ; mais ils ont des défauts. A nous de savoir comment les prendre. «Aucune équipe n'est imbattable». C’est bien dit, et ces propos sont de Charles KABORE en référence au match contre les Eléphants. Demain, les Etalons n’auront pas le choix que de battre les Eléphants pour revenir dans la course. Un scénario qui s’impose à eux car n’étant sans doute pas dans leurs perspectives. N’avaient-ils pas vu en ce match la clef de la qualification ? En effet, une victoire contre l’Angola aurait permis de gérer les choses contre les coéquipiers de Didier DROGBA avant une fin en fanfare face aux Crocodiles du Soudan. Maintenant que les prévisions sont faussées, il va falloir à l’entraîneur, DUARTE, se creuser les méninges pour relever le challenge. Le technicien portugais qui a vite fait de donner la première place aux Ivoiriens sait maintenant qu’il doit les battre. A la lecture de leur match contre le Soudan, les Eléphants semblent prenables à condition de livrer une copie sans la moindre coquille. Les champions d’Afrique 1992 n’ont pas été convaincants contre les Crocodiles du Nil en pratiquant un jeu sans génie. N’eût été leur grande expérience et la naïveté des Soudanais devant le but de Boubacar BARRY dit Kopa, les Ivoiriens auraient essuyé une grosse défaite.
Il appartient aux Etalons d’exploiter les failles constatées dans le jeu des Eléphants pour prendre les trois points nécessaires ; à défaut, faire un match nul. Parce qu’une défaite signifierait un retour au pays après le match de politesse contre le Soudan, le 30 janvier. DUARTE va sans doute opérer quelques changements dans son onze de départ. Compte tenu de l’impératif du résultat, il faut avoir une équipe équilibrée dans les secteurs de jeu. Madi PANANDETIGUIRI et un demi offensif seront sans doute nécessaires pour assurer la relance s’il veut conserver la même configuration de jeu. Il va être difficile pour le Burkina de tenir le coup en se recroquevillant en défense comme nous avons semblé le faire face à l’Angola. La Côte d’Ivoire avec Yaya TOURE et Didier ZOKORA, qui pourrait signer son retour après sa suspension, aura un entrejeu beaucoup plus performant que celui des Palenca Negras. Les offres de possibilités de contre comme on en a fait le 22 janvier dernier peuvent s’avérer suicidaires. DUARTE le sait mieux que quiconque. Le but de DROGBA face au Soudan est la preuve que les Ivoiriens, même sans être flamboyants, ont les moyens de se sortir des mauvaises passes.
Le capitaine Moumouni DaganoUne autre clef d’un éventuel succès des Etalons est la forme des deux fers de lance de l’attaque à savoir Sibiri Alain TRAORE et Jonathan PITROIPA. Face à l’Angola, force est de reconnaître qu’ils n’étaient pas à 100% de leurs possibilités. Dans l’animation offensive, ils ne sont pas toujours allés jusqu’au bout de leurs idées. On sait que PITROIPA était gêné par une douleur qu’il dit avoir résorbée au Cameroun tandis que TRAORE a travaillé longtemps à part avant d’intégrer le groupe la veille du match contre l’Angola. Dans une compétition aussi difficile, des athlètes qui ne sont pas au maximum de leurs capacités ne peuvent pas faire étalage de leur talent. D’où ce jeu offensif au goût d’inachevé avec les difficultés éprouvées par Moumouni DAGANO d’abord ; et ensuite, par son duo avec Aristide BANCE de déstabiliser la défense angolaise. Pour mettre en difficulté la Côte d’Ivoire, il va falloir faire davantage. La déception qui est déjà perceptible va être très grande si d’aventure les Etalons devaient regagner prématurément le pays. D’où l’importance de cette deuxième sorti.

 

Ahmed NAZE

 

Les scénarii de la qualification

pour les Etalons


Cote D'Ivoire con Burkina FasoAprès les premiers de la poule B qui ont donné la victoire à l’Angola et à la Côte d’Ivoire, voyons les scénarii qui peuvent offrir le bonheur au Burkina pour le second tour. La première hypothèse à écarter définitivement est une défaite contre les Eléphants. En cas de contre-performance, c’est le retour assuré à la maison. Avec zéro point en deux matchs le Burkina va perdre tout espoir de passer au second tour quel que soit le résultat contre le Soudan. L’idéal est de s’imposer face à la Côte d’Ivoire demain et de battre le Soudan le 30 juin prochain. Avec six points le Burkina ira, sans aucun doute, en quart de finale. S’il est difficile de battre les Eléphants, il faut au moins faire match nul. Dans ces conditions, il va falloir maximiser contre le Soudan la dernière journée pour se qualifier avec un bon goal différentiel si d’aventure la Côte d’Ivoire faisait match nul. Si l’Angola bat le Soudan il va se qualifier dès le 26 janvier prochain et le second ticket va se disputer entre le Burkina et la Côte d’Ivoire. Paolo DuarteSi le Burkina gagne demain et si l’Angola perd devant le Soudan le groupe sera très ouvert et tout se jouera la dernière journée et la qualification relèvera du possible pour toutes les équipes. Comme on le voit, la qualification n’est encore pas perdue pour les Etalons. La configuration du groupe rend la tâche plus difficile. Les grandes équipes sont celles qui savent se tirer d’affaire dans les difficultés. Le souhait de tous les Burkinabè est que cette cuvée des Etalons démontre qu’elle est de la race des meilleurs.

 

Quelques faits de la CAN

Rigobert SONG (Cameroun) a disputé en Angola sa 8e CAN, un record. Le Camerounais devance le gardien de but ivoirien Alain GOUAMENE avec 7 participations. Suivent, avec 6 présences en phase finale : l’Éthiopien Worku MENGUISTOU (1959, 1962, 1963, 1965, 1968, 1970), le Nigerian Muda LAWAL (1976, 1978, 1980, 1982, 1984, 1986), le Camerounais Emmanuel KUNDE (1982, 1984, 1986, 1988, 1990, 1992), l’Algérien Rabah MADJER (1980, 1982, 1984, 1988, 1990, 1994) et l’Ivoirien Abdoulaye TRAORE (1986, 1988, 1990, 1992, 1994, 1996).

Le 1000e but de la CAN a été inscrit par le Nigerian Augustine «Jay-Jay» OKOCHA à l’occasion du match de poule contre l’Afrique du Sud en Tunisie (2004) au stade Moustapha Ben Janet à Monastir.
Une finale a été rejouée, celle de 1974 au Caire entre le Zaïre et la Zambie. Quatre finales ont désigné le vainqueur à l’issue de la séance de tirs au but. La plus mémorable reste celle de 1992 à Dakar entre la Côte d’Ivoire et le Ghana qui a vu le couronnement des Ivoiriens (11-10) après un total de vingt-quatre tentatives.
En 2008, les 5 buts de Samuel ETO’O ont permis au Camerounais de devenir le meilleur buteur de l’histoire de la CAN, avec 16 réalisations. A l’occasion de la CAN 2010, le Lion indomptable a porté son total à 18 réalisations. Il devance l’Ivoirien Laurent Pokou (14 buts marqués en deux éditions, 1968 et 1970). Le Nigérian Rashidi YEKINI est resté à 16 buts inscrits au compteur. Parmi les joueurs participant à la CAN 2012, le Guinéen Pascal FEINDOUNO est le mieux classé avec 8 buts inscrits devant l’Ivoirien Didier DROGBA (7 buts).
Le meilleur buteur sur une édition est le Zaïrois Mulamba NDAYE. Il a marqué neuf buts en six matches en 1974, en Égypte. Laurent Pokou est celui qui a marqué le plus grand nombre de buts en une seule rencontre : 5 avec la Côte d’Ivoire contre l’Éthiopie en 1970 au Soudan. L’Égyptien Al DIBA a marqué les quatre buts de son équipe en 1957 contre l’Éthiopie. Le plus grand nombre de buts dans un match a été inscrit lors du match Egypte/Nigeria (6- 3) en 1963 au Ghana. Quatre des six buts égyptiens ont été marqués par Hassan CHAZLI. Le but le plus rapide a été inscrit par l’Égyptien Ayman MANSOUR après seulement 23 secondes du match Gabon/Egypte en 1994. Trois autres joueurs ont inscrit un but au cours de la première minute de jeu : le Nigerian Tijani BABANGIDA à la 40e seconde de la demi finale Nigeria/Afrique du Sud en 2000 ; le Marocain Mustapha «Chérif» FETOUI à la 50e seconde de Maroc/Soudan en 1976 ; et le Zaïrois TUEBA à la 56e seconde de Cameroun/Zaïre en 1992.

Source : Passeport pour la CAN de RFI

 

Le BURKINA-FASO et

les phases finales de la CAN

Les Etalons sont présents en phases finales depuis 34 ans. En 24 matchs, il présente un bilan peu flatteur de 24 matchs pour 2 victoires, 6 nuls et surtout 16 défaites. Voici de façon détaillée tous les résultats des matches des Etalons dans le tournoi final de la CAN.

1978
Nigeria-Haute-Volta 4-2
Zambie- Haute-Volta 2-0
Ghana- Haute-Volta . 3-0

1996
Sierra Leone-Burkina Faso :2-1
Burkina Faso-Zambie : 1-5
Burkina Faso-Algérie : 1-2

1998
Burkina Faso-Cameroun : 0-1
Burkina Faso-Algérie : 2-1
Burkina Faso-Guinée : 1-0
¼ finale
Tunisie-Burkina Faso : 1-1(7-8 tab)
½.finale
Burkina Faso-Egypte : 0-2
3e place
RD Congo-Burkina Faso : 4-4 (4-1 tab)

2000
Burkina Faso-Sénégal : 1-3
Zambie-Burkina Faso : 1-1
Égypte-Burkina Faso : 4-2

2002
Afrique du Sud-Burkina Faso : 0-0
Burkina Faso-Maroc : 1-2
Burkina Faso-Ghana : 1-2

2004
Sénégal-Burkina Faso : 0-0
Burkina Faso-Mali : 1-3
Burkina Faso-Kenya : 0-3

2010
Côte d’Ivoire-Burkina Faso : 0-0
Burkina Faso-Ghana : 0-1
2012
Angola –Burkina Faso : 2-1.

Ahmed NAZE

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