[Actualité] - [Annonces] - [ Archives]
Une
La Une du n°744
EDITORIAL : N°744 du 25 au 31 janvier 2012

CAN 2012 : Faut-il désespérer des Etalons ?

Pour résumer et avant d’en revenir aux Etalons, disons que la passion engendre toujours la démesure, et que le public trouvera que l’on «gâte l’argent pour rien», tant que les Etalons seniors ne nous ramèneront pas un trophée majeur, ou, à tout le moins, ne figureront pas dignement à la C A N de leur catégorie.

il ne faut pas désespérer de nos enfants qui ne demandent en fait qu’à être «recadrés» pour créer la surprise. Au staff technique et aux dirigeants de faire preuve de psychologie en évitant de leur mettre trop la pression si tant est que malgré le fait qu’il soit devenu un phénomène social, le football est avant tout un jeu.

Après l’entame piteuse de notre Onze national à la Coupe d’Afrique des Nations 2012, les commentaires vont à nouveau bon train sur l’incapacité des Etalons à élever leur niveau de jeu lors des grands rendez-vous et surtout sur la nécessité «d’investir des milliards sur ces bons à rien (sic)» avec comme résultat de provoquer des infarctus pour les supporters les plus émotifs. Du dépit amoureux en fait que ces «incantations» et autres récriminations, dans la mesure où on ne les entend guère, chaque fois que les Etalons, principalement les petites catégories, réussissent des performances lors de leurs compétitions, et sont rétribués en conséquence à leur retour au Faso. C’est ainsi que personne n’a trouvé à redire lorsque la génération dorée des cadets a été accueillie royalement à son retour de Trinidad et Tobago, auréolée de son rang de troisième à une compétition internationale. Il s’était même trouvé des esprits chagrins qui avaient affirmé haut et fort que le boss, entendez Blaise COMPAORE, n’avait pas fait assez pour les tombeurs de l’Argentine ou de l’Espagne qui regorgeaient de talents dont certains font toujours l’actualité au niveau mondial. Plus près de nous, la même rengaine nous a été ressortie lorsque nos Cadets ont été sacrés champions d’Afrique de leur catégorie en 2011 au Rwanda. Pour nombre de supporters, il eût fallu les doter de maisons d’habitation, à la place des «maigreurs» qu’on leur a octroyées. Soit dit en passant, ces commentaires sur les «plages libres» des radios F M de la place ont contribué à «gonfler» la tête des enfants qui ont joué aux stars avant l’heure avec le résultat catastrophique qui s’en est suivi lors de la Coupe du monde mexicaine. Soit dit en passant, c’est cela qui explique la «modération» du boss dans l’octroi des primes, lui qui est un parfait connaisseur du football et qui connait l’esprit qui peut animer les athlètes pour peu qu’on leur donne l’impression qu’ils sont le centre du monde. Pour résumer et avant d’en revenir aux Etalons, disons que la passion engendre toujours la démesure, et que le public trouvera que l’on «gâte l’argent pour rien», tant que les Etalons seniors ne nous ramèneront pas un trophée majeur, ou, à tout le moins, ne figureront pas dignement à la C A N de leur catégorie. Ces Etalons justement, doit-on désespérer d’eux après leur début calamiteux et au vu de la configuration d’un groupe où les Eléphants de Côte d’Ivoire font figure d’épouvantails alors qu’ils ont grillé leur joker avant d’affronter cette équipe ? Si l’on s’en tenait à l’ossature des deux équipes sur le terrain, force serait de concéder qu’il y a une catégorie d’écart entre la bande de Jonathan PITROIPA et celle de Didier DROGBA, au regard du curriculum vitae des joueurs des deux camps. Et, comme le football c’est aussi le vécu, ce paramètre rentre en compte dans les supputations sur les chances de nos Etalons. Mais, d’autres paramètres comme l’envie, la forme du moment, la cohésion technique et «spirituelle» du groupe, voire le patriotisme dans le cadre de derbys comme les matchs entre Burkinabè et Ivoiriens peuvent nous valoir des surprises à l’issue de cette confrontation au résultat connu d’avance pour les «spécialistes». TRAORE Drissa dit Saboteur qui avait intégré toutes ces données dans sa démarche lors de la campagne de 1996 avait réussi à dompter les Eléphants au Félicia avec un Seydou TRAORE étincelant de talents et de créativité et qui était parvenu à limiter la casse lors de ce derby abusivement dénommé peut-être par «Sabo», «guerre de libération nationale.» C’est cette grinta et cette rage de vaincre que DUARTE doit inculquer à ses poulains, pour que le «clone» de Seydou TRAORE, Jonathan PITROIPA en l’occurrence, réussisse le même «coup» avec ses gars. Ce n’est pas du domaine de l’impossible dans la mesure où l’axe central ivoirien n’est pas fiable à 100% avec un Kolo TOURE en manque de compétitions et un Seydou BAMBA lourd et limité techniquement. Avec les querelles d’ego sourdes qui traversent les Eléphants, ce sera «fifty-fifty» ; surtout si DUARTE accepte de revoir son schéma tactique et de comprendre que certains de ses cadres, en dépit de leur notoriété, n’ont pas 90 minutes de ballon dans les jambes soit du fait de leur âge avancé, soit de leur longue «accointance» avec le banc de touche dans leur club. Il ne restera plus alors qu’à assurer contre le Soudan qui risque fort de pâtir de la débauche d’énergie consentie lors des premiers matchs. On a vu en effet comment les Soudanais se sont démenés comme de beaux diables pour perdre sur un score honorable contre les Ivoiriens, oubliant( ?) qu’une CAN se joue sur la durée. Alors non, il ne faut pas désespérer de nos enfants qui ne demandent en fait qu’à être «recadrés» pour créer la surprise. Au staff technique et aux dirigeants de faire preuve de psychologie en évitant de leur mettre trop la pression si tant est que malgré le fait qu’il soit devenu un phénomène social, le football est avant tout un jeu. Et, si les gosses échouent, il faudra se faire à l’idée avec un confrère de la place que c’est le niveau réel de notre football et travailler davantage à le rehausser. Car, et on feint souvent de l’oublier, il n’y a guère plus de deux décennies, on était à l’âge de la pierre taillée en matière de foot. Alors messieurs, balle à terre et vive les Etalons.


Alpha YAYA

ilingani2000@yahoo.fr

 

 

INFOS FLASH
LES MEDIAS DU FASO
LES DOSSIERS