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La Une du n°744
NATION N°744 du 25 au 31 janvier 2012

 

CDP

Du clientélisme au militantisme ?

Roch Marc Christian KaboreAinsi que l’a annoncé le désormais futur ex-président du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), Roch Marc Christian KABORE, l’année 2012 sera placée sous le signe du changement au sein de la première force politique du pays ; ce que dans la foulée, il précisera en déclarant que lui-même n’entendait plus briguer un autre mandat à la tête du parti. Et, comme nous le disions dans notre éditorial de la semaine dernière, «le plus intéressant dans cette affaire, c’est de chercher à comprendre les motivations profondes de cette décision et ses implications en la mettant en perspective».

En l’occurrence, et sans procès d’intention ou volonté délibérée de tirer «sur une ambulance», il nous semble que cette sortie peu orthodoxe devrait offrir l’opportunité de repartir sur des bases plus solides en donnant enfin un sens au militantisme au sein du parti majoritaire afin que son slogan «fétiche» : des militants techniquement compétents et politiquement formés, soit enfin une réalité concrète. Ce n’est en effet, nous semble -t-il, faire injure à personne que d’affirmer que le clientélisme avait fini par prendre le pas sur la conviction et la foi aux idéaux de ce parti, clientélisme exacerbé par la création de directions régionales du parti (même si le but était noble au départ) qui ont vu l’avènement de «baronnies» locales, avec ce que cela entraîne comme servitudes sous diverses formes. Cela a eu comme conséquence première, l’absence ou, à tout le moins, la faible réactivité du parti, lorsque le pays s’est trouvé confronté à des crises plus ou moins exacerbées, comme celle consécutive à la mort du journaliste Norbert ZONGO, et plus près de nous la crise sociale de 2011. Lors de ces différentes éruptions sociales, on a noté une absence du CDP sur le terrain, laissant libre cours à l’opposition et à certaines organisations de la société civile qui ont «djafoul» inculquant, au passage, à notre jeunesse la défiance à l’autorité de l’Etat ; toute chose qui fait que la folie incendiaire est désormais la règle ici au Faso, folie pouvant être déclenchée par un fait anodin, voire banal.
A chacune de ces crises, il a fallu le sang froid, la capacité d’analyse et d’écoute du «grand camarade» Blaise COMPAORE, et sa bonne connaissance des hommes pour empêcher le navire d’être emporté par la tourmente. Et, même si celui-ci ne l’a jamais dit, il dut se sentir quelque peu abandonné par ses troupes. Autre effet néfaste de ce manque de conscience politique, la corruption qui commençait à prendre des proportions inquiétantes et dont l’affaire de ce début d’année a été un révélateur même si là aussi nous n’irons pas jusqu’à en faire l’affaire d’Etat comme certains l’ont qualifiée un peu trop complaisamment en vue d’en retirer des dividendes politiques vu que sur le plan des plateformes programmatiques, ils ont jusque-là, fait chou blanc. Pour peu que les cadres du parti majoritaire, au pouvoir, soient «imprégnés» des idéaux de la sociale-démocratie et qu’ils aient une claire perception du rôle historique qui doit être le leur à l’heure où la mondialisation montre de plus en plus sa face hideuse et spoliatrice qu’il nous étonnerait qu’ils se laissent aller à des «deals» qui sapent l’avenir du pays. A moins que les hommes intègres que restent les Burkinabè, en dépit des tentatives de certaines chapelles politico-médiatiques de leur dénier ce titre, ne soient définitivement irrécupérables pris qu’ils seraient dans cette mondialisation et ses mirages et autres illusions. C’est dire que le congrès à venir du CDP doit être l’occasion idoine pour ses militants, en vertu de la ligne de ce parti, de se recentrer sur eux-mêmes afin de lutter efficacement contre la pauvreté (surtout rurale) et la paupérisation qu’entraîne cette mondialisation. L’insécurité alimentaire, la baisse de compétitivité de nos entreprises, les suppressions d’emplois et l’exode rural massif, etc., sont souvent le fait de cette option du développement imposée de l’extérieur. Sans renier cette coopération qui a tout de même des effets bénéfiques, il importerait plus que jamais de compter sur nos propres forces. Le programme d’actions pour l’émergence et le développement mis en œuvre par le gouvernement en ce qu’il met l’accent sur le développement des pôles de croissance et de compétitivité, la création de zones économiques spéciales et la promotion d’un environnement des affaires viable et ouvert, entre autres, offre l’opportunité au pays des Hommes intègres et à son parti majoritaire, l’opportunité de s’affirmer dans l’économie régionale et la mondialisation. Pour ce faire, il faudra des militants techniquement compétents et politiquement conscients au service de cette cause nationale. Un défi que, nous l’espérons, le CDP saura relever à l’avenir.


Alpha YAYA

 

L’Union pour la Renaissance/Parti Sankariste

Répondre aux aspirations du peuple en 2012

Dans les nouveaux locaux abritant son siège, le mercredi 18 janvier 2012, l’Union pour la Renaissance/Parti Sankariste (UNIR/PS) a organisé une conférence de presse. Au menu, l’appréciation du parti sur des sujets de l’actualité nationale.

Me Benewende SANKARA president de l'UNIRPSNouvelle année, nouveau siège, l’UNIR/PS entend se donner les moyens pour bien mener son action politique. Et c’est à juste titre que son président, Me Bénéwendé Stanislas SANKARA, dira devant un parterre de militants, d’observateurs et de journalistes, le 18 janvier dernier : «2012 est l’année de l’opposition. Elle doit saisir sa chance et exploiter toutes les opportunités pour redonner confiance à notre peuple qui est capable de sursaut». Pour le patron du parti de l’œuf, chef de file de l’opposition, l’année 2011 aura été celle de tous les dangers avec la grave crise sociopolitique que le Burkina Faso a traversée. Ce qui selon lui «traduit le profond malaise qui habite permanemment le peuple depuis le quart de siècle de pouvoir de Blaise COMPAORE». Dans son programme politique, l’UNIR/PS a placé le combat contre la corruption et l’impunité en première ligne de ses priorités. Son chef dira n’être pas surpris par l’affaire GUIRO ; car dit-il : «Le poisson pourrit par la tête». Il exigera que justice soit faite sur ce problème qui pourrait avoir de graves répercussions. Sur les perspectives politiques en cette année 2012, Me SANKARA prédit un changement fondamental par les urnes si le peuple prend ses responsabilités. Car de son avis, «l’expression des suffrages n’est pas le reflet des sentiments du peuple». Appréciant la situation du parti au pouvoir, le CDP, le président de l’UNIR/PS dit comprendre les séismes qui secouent ce parti dont, du reste, le président Roch Marc Christian KABORE a annoncé son intention de ne pas se succéder à son poste au prochain congrès statutaire. Me SANKARA félicitera et saluera la clairvoyance des partis politiques de l’opposition regroupés autour du CFOP et qui ont su déjouer les différents complots ourdis contre la démocratie. Pour finir, il invitera les jeunes à s’engager dans la politique en cette nouvelle année. «A ceux qui hésitent encore, puisse l’année 2012 les déterminer à s’engager aux côtés de l’UNIR/PS qui ne fera pas un pas sans le peuple», a-t-il déclaré. En outre, il a souhaité que les surprises les plus agréables pour le bonheur collectif nous soient réservées en 2012.

Laure KANTIONO (stagiaire)

 

 

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