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La une n° 745 du 01 au 07 Février 2012
La Une du n°745
DOSSIER : N°745 du 01 au 07 février 2012

18e Sommet de l’Union Africaine
Yayi BONI aux commandes

Addis-Abeba, la capitale éthiopienne, a accueilli du 23 au 30 janvier 2012 le 18e sommet de l’Union Africaine (UA) sur le thème : «Promouvoir le commerce intra-africain» à son nouveau siège. En marge de ces activités, le président du Faso Blaise COMPAORE à l’instar de ses pairs, a pris part à la session ordinaire de la conférence l’Union Africaine les 29 et 30 janvier : Cette 18e session a vu l’élection du nouveau président de l’Union Africaine.

Le président du Faso apprécie le Sommet

«Ce sommet a été marqué par plusieurs points essentiels. La session a désigné le président du Benin Yayi BONI à la tête de l’union au titre de l’année 2012. Je tiens à lui adresser mes félicitations et ma disponibilité à l’accompagner au succès de sa mission. Bien sûr nous avons eu aussi à entendre au cours de cette session les représentants des nouveaux pouvoirs en Tunisie, en Libye et en Egypte , qui nous ont fait une évaluation de la situation politique et sécuritaire de leur espace, tout en réaffirmant leur adhésion aux idéaux de l’UA et aussi leur disponibilité à travailler avec nous pour l’atteinte des objectifs que nous nous sommes fixés. Je crois que ce sommet a été l’occasion pour le Burkina Faso de participer à un important débat sur le commerce en Afrique. Comme vous le savez, nous avons non seulement besoin de travailler à réduire la pauvreté mais aussi de promouvoir l’emploi pour les Africains. Il n’y a pas de doute qu’aujourd’hui un peu partout dans le monde, les expériences le montrent aisément il n’y a plus de croissance économique ; il n’y a pas de résultats sur le plan de la production s’il n’y a pas de commerce qui accompagne ce travail économique. Ce qui veut dire que nous, Africains devront tirer grand profit de nouvelles opportunités qui s’offrent à nous à travers déjà les expériences des uns et des autres et aussi les possibilités pour l’Afrique qui a des potentialités immenses et qui doit intervenir également dans le commerce pour pouvoir créer à la fois des richesses supplémentaires, mais aussi de l’emploi et avoir des ressources plus grandes pour résoudre le problème de l’Afrique.
Le débat auquel nous avons participé visait à voir comment organiser mieux le marché africain et comment libérer d’avantage les possibilités de commerce entre Africains, entre régions ; et nous avons établi une feuille de route qui sera discutée dans le mois de juillet pour préciser les étapes que nous devons franchir d’ici 2017 pour arriver à une zone d’enjeu. Toute chose qui va attirer davantage d’investissement sur le continent :»

Recueillis par L. K.

Le Président du Faso, Blaise COMPAORE a été reçu à son arrivée par le Premier
ministre éthiopien (ph. Présidence du Faso)

Pour l’année 2012, la présidence de l’Union Africaine est revenue au Dr Yayi BONI président de la république du Benin. A cet effet, il s’est engagé à assumer sans faille et responsabilité son nouveau statut. «Le 18ème sommet de l’UA se tient à un moment crucial d’évolution de notre continent : La tâche nous revient de travailler ensemble au renforcement du partenariat au service de la paix en Afrique. Durant mon mandat, il serait souhaitable que les débats se basent spécifiquement sur des points précis à savoir la paix, la stabilité et la sécurité dans nos pays» a laissé entendre le nouveau président en exercice de l’UA dans son discours d’acceptation. Par ailleurs, il a appelé l’Afrique à l’unité et à la cohésion afin d’assurer un développement durable au continent qui est une terre de l’espoir e de l’espérance.

Les Chefs d’Etats burkinabè et béninois lors d’un Sommet extraordinaire de la CEDEAO pour harmoniser les points de vue sur la désignation du Président en exercice de l’UA. (ph. Présidence du Faso)

De l’avis du président sortant de la Commission de l’UA, Jean PING, la 18e session ordinaire se tient au terme d’une année exceptionnelle marquée par de nombreuses crises, tant politiques qu’humanitaires. Mais, elle peut être aussi vue comme une année qui a ouvert de nombreuses opportunités; à savoir celle d’une relation apaisée entre le Soudan et le Soudan du Sud avec l’accession à l’indépendance de ce dernier, celle d’une Somalie qui se dessine pour la premiére fois une véritable perspective de sortie de crise, celle de la confirmation du renouveau politique et économique du continent, entre autres. Aussi a-t-il laissé entendre : « Les évènements de l’année 2011 ont mis à rude épreuve certains de nos instruments et partant, notre capacité d’anticipation. Ils ont quelquefois testé la solidité de notre unité et notre aptitude à faire prévaloir les vues qui sont les notres sur certaines questions d’intérêt vital pour le continent ». Au-delà de ces périodes de turbulences, force est de reconnaitre que l’UA a su faire preuve d’une réelle capacité d’adaptation. En effet, elle a su conforter son leadership dans la gestion des crises qui continuent d’affliger le continent ; donner une traduction concrète de solidarité africaine à travers l’organisation d’une conférence d’annonces de contributions en faveur des victimes de la famine en Somalie et dans la corne de l’Afrique. Pour consolider les gains enregistrés, la Commission selon son président, a intensifié ses efforts dans le domaine de la reconstruction et du développement post-conflit. Il s’agit d’une démarche novatrice visant à mobiliser au sein du continent une assistance multiforme en faveur des pays africains sortant de conflits. Au compte des défis qui restent à relever, Jean PING a énoncé l’urgence d’engager de nouveaux efforts pour trouver une solution au Sahara Occidental, surmonter l’impasse entre l’Ethiopie et l’Erythrée, normaliser les relations entre Djibouti et l’Erythrée.
L’année 2012, proclamée année des valeurs partagées sera centrée autour de trois axes à savoir la démocratie, la bonne gouvernance et les droits de l’homme. Pour bien d’observateurs, l’Afrique est à la veille d’un décollage économique, à l’instar de la Chine et de l’Inde il y’a quelques décennies. Et Jean PING d’affirmer : «ce changement de fortune, nous le devons certes à nos exportations de matières premières mais surtout aussi aux initiatives que nous avons engagées pour promouvoir la bonne gouvernance à la réduction des conflits, à l’accroissement de la demande intérieure et à l’amélioration du climat des affaires ». Mais a-t-il insisté : «l’Afrique reste encore un continent sous-développé avec des niveaux de pauvreté très élevés. D’où la nécessité de persévérer dans nos efforts» Par ailleurs, il a soulevé l’urgence que revêt la mise à disposition de ressources propres à l’UA, car, pour être à la hauteur des ambitions qui lui sont assignées, l’Union ne peut continuer de dépendre des partenaires internationaux pour l’essentiel de ses ressources extrabudgétaires.

Djibrill BASSOLE, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération régionale
«C’était au tour de l’Afrique de l’Ouest de désigner le Président de l’Union Africaine.»

«Je dois dire que c’était au tour de l’Afrique de l’Ouest de désigner le Président de l’Union Africaine. A Cotonou le 5décembre 2011 lors du sommet du Conseil de l’entente, les chefs d’Etat se sont entendus pour présenter la candidature du président Yayi BONI. Il restait donc à convaincre le président en exercice de la CEDEAO, le président GOOD LUCK Jonathan, et aussi les autres chefs d’Etat qui s’étaient portés candidats à savoir les présidents Alpha CONDE de Guinée et Yahya JAMMEH de Gambie. Donc, il y a eu une diplomatie qui s’est mise en route et finalement au cours d’un sommet extraordinaire de la CEDEAO, nous avons décidé de porter la candidature du président Yayi BONI et c’est ce qui a été fait.
Naturellement les défis du nouveau président en exercice de l’UA sont nombreux. Vous savez que notre continent est un continent qui est en proie à pas mal de maux à savoir à des déficits céréaliers, la pauvreté, l’instabilité et à des crises multiformes. Donc la président en exercice de l’UA devra se pencher certainement sur toutes ces grandes préoccupations de l’heure. Mais il n’agira pas seul. Déjà au niveau de notre sous-région, nous veillerons à mettre en place les structures qu’il faut pour que cette institution puisse fonctionner du mieux qu’elle peut et promouvoir ainsi la paix, la stabilité et le développement en Afrique.»

Recueillis par L. K.

Profitant de l’occasion, le président de la Commission a manifesté sa gratitude au Premier ministre éthiopien, Meles ZENAWI, négociateur en chef de l’UA pour son leadership et le président de l’Afrique du Sud, Jacob ZUMA qui a présidé le 12 janvier 2012, la réunion du Conseil de sécurité consacrée au partenariat stratégique de l’UA avec les Nations unies. Aussi, à cette session, il faut noter la présence du président Salva Kiir MAYARDIT, dont le pays a accédé à l’indépendance le 9juillet dernier ; des présidents de Zambie Michael SATA ; du Cap Vert Jorge Carlos FONSECA, de la République Tunisienne Dr Moncef MARZOUKI et du Premier ministre de la Libye Dr Abdurrahim El KIEB.
Le président sortant de l’Union a déclaré que lAfrique doit prendre ses responsabilités en privilégiant les relations sud-sud. Pour lui, l’Afrique a besoin d’une coopération sincère et franche qui offre des avantages à tous égards.
Au cours de la cérémonie deux scientifiques africains ont reçu le prix scientifique Kwame NKRUMAH de l’UA, composé d’une médaille, d’un certificat et d’une somme d’un montant de100.000 dollars. Il s’agit du professeur Oluwole Daniel MAKINDE du Nigéria, lauréat du prix des Sciences fondamentales, de la technologie et de l’innovation et du professeur Maryke Tine LABUCHAGNE de l’Afrique du Sud, lauréate du prix Sciences de la vie et de la terre. Les prix ont été remis en présence de la fille du Dr Kwame N’KRUMAH par les présidents du Ghana, John ATTA-MILLS et du Libéria, Ellen SIRLEAF JONHSON.

Laure KANTIONO (envoyée spéciale)


Audiences présidentielles


Le chef de l’Etat burkinabè, Blaise COMPAORE, présent à Addis-Abèba pour le 18e sommet de l’Union Africaine, a reçu le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération du Maroc, Saad Eddine EL OTMANI et le Premier ministre de la Guinée-Bissau, Carlos GOMES Junior..

A Addis Abeba, Blaise COMPAORE a reçu le Premier ministre de la Guinée Bissau Carlos GOMES Junior et ....
... le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération du Maroc, Saad Eddine El OTMANI
Crise de confiance pour Jean PING

La clôture du 18ème Sommet de l’Union africaine, lundi 30 janvier à Addis-Abèba, a donné lieu à un coup de théâtre inédit : l’échec de l’élection du Président de la Commission de l’Union. Le Gabonais Jean PING, Président sortant, n’a en effet pas réussi à rassembler sur son nom les 2/3 des voix, nécessaires à son élection. Après quatre tours de vote lors de la dernière journée du dix-huitième sommet de l’Union africaine (UA) à Addis-Abeba, lundi 30 janvier 2012, aucun des deux compétiteurs, le Gabonais Jean PING (69 ans), président sortant, et la Sudafricaine Nkosazana DLAMINI-ZUMA (63 ans), ancienne épouse de l’actuel président sud-africain Jacob ZUMA, n’a pu rassembler à son compte la majorité obligatoire des deux tiers des voix pour être élu(e) à la tête de la Commission de l’ Union Africaine (UA).Suite à cet échec électoral, la tenue d’un nouveau vote aura lieu dans 6 mois lors du prochain sommet de l’Organisation au Malawi. Dans l’attente d’ici là de trouver leur nouveau porte-drapeau, les chefs d’État et de Gouvernement africains, qui avaient ce lundi en fin de matinée, d’abord confié l’intérim à l’actuel vice-président de la Commission, le Kenyan Erastus MWENCHA, ont quelques heures plus tard finalement demandé au candidat et président sortant de la Commission, Jean PING, « d’expédier les affaires courantes jusqu’au prochain sommet de l’Organisation prévu en juillet 2012 ».

Source www.afrik.com

Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération du Maroc, Saad Eddine El OTMANI, a été reçu par le Président du Faso, Blaise COMPAORE dans la capitale éthiopienne. Il a indiqué que ce sont des relations excellentes, solides et historiques qui existent entre le Royaume et le Burkina Faso. De ce fait, il est venu discuter de l’avenir de ces relations avec le chef d’Etat burkinabè, afin de voir dans quelle mesure les consolider et les élargir pour que cela intéresse plusieurs secteurs. «On a aussi un peu discuté de l’UA, de la situation en Afrique subsaharienne avec les turbulences existant actuellement pour voir comment coopérer pour aider ces pays et ces peuples à sortir de cette crise» a-t-il poursuivi. Pour le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération du Maroc, son pays a connu une révolution des urnes, c’est-à-dire une révolution calme des réformes politiques dans le cadre de la stabilité du Maroc. Ce qui lui fait dire que le Royaume du Maroc a entamé sa démocratisation sans grands obstacles.
Après le décès du président de la Guinée-Bissau Malam Baca le 9 janvier dernier, le Premier ministre Carlos GOMES Junior a affirmé être le candidat naturel de son parti à l’élection présidentielle anticipée du 18mars 2012. Présent au sommet de l’UA à Addis-Abèba, il a rencontré le président du Faso, Blaise COMPAORE, pour lui expliquer la situation actuelle de son pays et demander son soutien. «Avec le président du Faso ; nous sommes amis et il connait très bien les réalités de la Guinée-Bissau. Nous venons prendre des conseils dans le cadre de la réforme du secteur de défense de la sécurité de notre pays». Concernant l’UA, le Premier ministre a dit attendre beaucoup de cette institution dont ils sont membres.

Laure KANTIONO (envoyée spéciale)

La Chine continentale offre un nouveau siège à l’UA

La République populaire de Chine a une fois de plus manifesté son engagement à marcher aux côtés de l’Afrique en offrant un nouveau siège à l’Union Africaine. Le président du comité national de la Conférence consultative politique du peuple chinois, M. Jia QINGLIN, était l’invité d’honneur de la 18e session ordinaire de la conférence de l’Union Africaine

Les relations entre l’Afrique et la Chine remontent loin dans l’histoire car depuis bien des années, le pays du Soleil levant cherche à renforcer ses échanges commerciaux avec le continent noir. . «Aujourd’hui, à la solidarité politique entre notre continent et ce grand pays qu’a toujours été la Chine, s’ajoute un partenariat économique qui se raffermit chaque jour davantage» a déclaré le président sortant de la Commission de l’UA, Jean PING. Aussi a-t-il poursuivi : «Grâce à la Chine, l’UA dispose d’un siège à la mesure de ses ambitions». Pour le président du comité national de la conférence consultative politique du peuple chinois, Jia QINGLIN, l’UA est une institution régionale très influente au monde. A cet effet, son pays va œuvrer à l’avenir à accélérer le nouveau partenariat pour un développement continu.
La Chine a mis sur la table 10 milliards de dollars de prêts concessionnels à des entreprises africaines, lors du dernier sommet sino-africain organisé en novembre 2011 à Charm-el-Cheikh en Egypte. A cette session, la Chine a affirmé vouloir travailler dans un esprit innovant en lançant de nouvelles initiatives de coopération. «La Chine sera toujours un défenseur de la paix et de la stabilité en Afrique» a laissé entendre Jia QINGLIN.

Laure KANTIONO (envoyée spéciale)

Le commerce intra-africain revisité


Le MAEP a tenu son 16e forum

En marge du sommet des chefs d’Etat dans la capitale éthiopienne, il s’est tenu le 16e forum des chefs d’Etat du Mécanisme Africain d’Evaluation par les Pairs (MAEP). Nous avons approché le Secrétaire Permanent du MAEP au Burkina Faso, Jean Baptiste NATAMA, pour les conclusions de cette rencontre.

Ce forum a examiné plusieurs points à son ordre du jour, notamment l’examen du rapport d’évaluation de la République de Sierra Léone qui devient le 17e pays à être évalué ; et ensuite le forum a procédé à l’adoption du manuel de procédure qui définit maintenant de façon précise les organes qui doivent diriger le Mécanisme Africain d’Evaluation par les Pairs (MAEP) ; en dernier point le forum a procédé à la désignation des nouveaux membres du panel, ce qui nous permet aujourd’hui d’avoir un panel de 8membres. Cette rencontre a été l’occasion aussi de remercier le professeur Mohamed-Séghir BABES que les Burkinabè connaissent bien qui est à la fin de son mandat et remplacé par le professeur Amos SAWYER, ancien président de la transition au Liberia et qui devient président du panel.
Le MAEP permet de réaliser des progrès assez appréciables en matière de promotion de la bonne gouvernance dans les pays qui ont adhéré et qui ont suivi le processus. Aujourd’hui d’ailleurs à l’occasion de ce forum, il y’a 3 pays qui avaient annoncé leur adhésion mais compte tenu de quelques difficultés de calendrier ils n’ont pas pu arriver. C’est le Niger, le Cap-Vert et la Guinée Equatoriale qui devaient formaliser leur adhésion au mécanisme. Les pays comme le Rwanda et le Ghana ont déjà été évalués mais passent à la deuxième phase de l’évaluation. Cela montre qu’ils ont eu un véritable bénéfice de l’exercice et ils ont senti la nécessité de se faire évaluer encore après quelques années d’évaluation. Il y’a aussi des pays qui sont inscrits pour être évalués incessamment, il s’agit du Gabon et de Congo Brazzaville. .r

Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union Africaine ont ouvert leur 18e assemblée le dimanche 29 janvier 2012 sur le thème « Promouvoir du commerce intra-africain ». Une question qui touche plus que d’autres, aux préoccupations des populations africaines. Le débat de ce thème a permis d’évoquer plusieurs autres facteurs de développements qui touchent aussi aux attentes des peuples non encore comblées..

Le nouveau siège de l’Union Africaine gracieusement offert par la République populaire de Chine

Le commerce intra-africain représente environ 10% de l’ensemble des échanges sur le continent. La participation des pays africains à des secteurs dynamiques du commerce mondial est limitée en partie à des contraintes liées à l’approvisionnement et à leur manque de compétitivité. Ces pays sont connus pour avoir le moins de relations commerciales avec leurs voisins. L’incapacité de ce commerce à servir de catalyseur à une croissance économique durable et à la réduction de la pauvreté tient en partie à ses trois caractéristiques de base interdépendantes à savoir, sa taille, sa structure et sa direction. Dans le contexte où les économies mondiales sont de plus en plus importantes, l’Afrique ne peut éviter d’avoir des relations commerciales avec le monde extérieur. Le continent peut néanmoins réduire sa vulnérabilité aux chocs extérieurs et améliorer ses performances en renforçant l’intégration de son marché tout en encourageant la concurrence entre les pays africains.
La stimulation des échanges intra-africains nécessite l’adoption et la mise en œuvre de politiques commerciales cohérentes et efficaces tant au niveau national, régional que continental. Parmi les obstacles à la facilitation du commerce intra-africain qu’il faut lever de toute urgence figure les procédures et règles douanières et administratives complexes, les systèmes de transit inefficaces et couteux. L’inadéquation des infrastructures de base, l’inadaptation des mécanismes de financement sont entre autres des facteurs majeurs dans l’absence de diversification et de compétitivité de l’économie mondiale. Il semble en général plus facile d’obtenir des financements pour le commerce de l’Afrique avec le monde extérieur que pour le commerce intra-africain.
Les ministres africains de commerce discutent d’une série de nouvelles mesures qui pourraient relancer le commerce africain parmi lesquelles une proposition de créer une zone de libre-échange continentale ; un projet de plan d’action de relance de ce commerce d’au moins 25-30% dans les dix prochaines années.

L’Afrique face à la crise de la zone euro
La crise de la zone euro va pénaliser très fortement les pays de la zone CFA car elle va entrainer un reflux important des échanges commerciaux entre l’Afrique et l’Europe qui n’aura plus de liquidités nécessaires pour garder intact son volume d’importation des matières premières africaines. Selon l’économiste camerounais François N’DENGWE, la crise européenne est une crise de liquidités. Aussi, a-t-il déclaré : «la zone euro n’aura donc plus le cash nécessaire pour assurer ses importations des matières premières africaines. Elle est obligée de revoir son carnet d’importations à la baisse».L’économiste politique ivoirien, le Pr Nicolas AGBOHOU a pour sa part attiré l’attention sur une probable dévaluation du franc CFA. « Comme l’Europe aura toujours de nos matières premières et qu’elle n’a plus les moyens de les acheter à leur juste valeur, elle peut encore actionner le levier de la dévaluation du franc CFA. Ainsi elle pourra disposer de nos ressources 50% moins cher » Mais de l’avis de spécialiste, l’Afrique peut tirer profit de la crise de la zone euro en poursuivant d’abord la dynamique de la diversification de ses partenaires économiques, en renforçant les échanges commerciaux intra-africains encore très faibles. Aussi, il faut noter que l’Europe dans la gestion de sa crise a amené la Banque Centrale Européenne(BCE) à injecter des liquidités sur le marché, toutes choses qui avaient été interdites à la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest(BCEAO) et à la Banque centrale des Etats d’Afrique Centrale(BEAC).

L’autoroute transafrique Dakar-Djibouti
D’une longueur de 8715km l’autoroute transafricaine reliant Dakar à Djibouti va traverser 10 pays de l’Afrique de l’Ouest, du Centre et de l’Est. Ce projet a été présenté lors du 18e sommet de l’UA. Selon ses promoteurs, cette autoroute devrait permettre de soutenir le développement du transport terrestre en Afrique, d’assurer la libre circulation des personnes et des biens, d’améliorer les importations et les exportations des pays enclavés, de renforcer le commerce intra-africain et de favoriser une plus grande complémentarité entre la route et les rails sur le continent. Aussi, il faut noter que le corridor entre le Sénégal et Djibouti fait partie de sept projets régionaux d’infrastructures entrant dans le cadre de l’Initiative présidentielle de promotion des infrastructures (IPPI) lancée par l’UA et le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (AU/NEPAD).

Laure KANTIONO (envoyée spéciale)

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