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La une n° 745 du 01 au 07 Février 2012
La Une du n°745
SPORTS :N°745 du 01 au 07 février 2012

CAN 2012
3 matchs , 3 défaites

Le Burkina a été éliminé de la 28e Coupe d’Afrique des Nations. Une huitième participation qui replonge le football national dans le doute. Et que dire de la colère légitime qui habite les supporters voire la nation entière qui voit ses espérances contrariées ?.

Nos pros comme Charles KABORE (OM)...
...Jonathan PITROIPA(Rennes)...

...Alain Sibiri TRAORE(Auxerre) n’ont pas pu nous sortir du 1er tour

«Les Etalons sont-ils maudits pour la CAN ?» Plus d’un supporter des Etalons se sont posés cette question avec le retour hier du Onze national après son échec à la phase finale. Les Etalons ont été mis hors circuit. Au résultat : trois matchs, trois défaites face à leurs adversaires de l’Angola, de la Côte d’Ivoire et du Soudan. C’est la septième fois que le Burkina cale à ce niveau de la compétition. Et pourtant celui-ci a réussi une bonne performance lors des éliminatoires avec trois victoires et un nul dans un groupe F, il est vrai, réduit à trois unités après le retrait de la Mauritanie. Dans les phases éliminatoires, seule la Côte d’Ivoire a fait mieux. Logiquement, les fans avaient donc le droit d’espérer une bonne prestation de l’équipe en terre équato-guinéenne. D’ailleurs, les joueurs comme les dirigeants ont cultivé un grand optimisme. Ce qui n’a pas manqué d’entraîner les supporters enthousiastes à envoyer les Etalons dans les hautes sphères du foot africain. «Avec l’absence du Cameroun, du Nigeria, de l’Egypte et de l’Afrique du Sud, cette année est peut-être l’année du Burkina», a vite conclu un dirigeant. Un autre de renchérir, euphorique, «Cette année, il y aura un miracle qui va se produire dans le monde footballistique africain». Avec de telles déclarations, et si on y ajoute la grande tournée des responsables de l’Union des Supporters des Etalons chez toutes les têtes couronnées du pays afin d’obtenir leur soutien moral et spirituel, il est difficile de ne pas penser positif sur la participation du Onze national à la grand’messe du football continental. Pour bien faire les choses, l’Etat a consenti les efforts nécessaires au désintéressement des joueurs. 8 millions de FCFA comme prime de qualification plus 4,5 millions comme récompense pour les matchs du premier tour. Une prime qui devait aller crescendo au fur et à mesure qu’allait avancer la compétition. C’est dire que les Etalons ne devaient avoir autre souci que celui de bien jouer. Ce qu’ils n’ont fichtrement pas montré !

Les raisons de l’échec
Pourtant, aucune CAN ne s’était présentée avec autant d’espoir pour les Etalons. Très bonne phase éliminatoire sur le plan technique avec quatre matchs joués pour 3 victoires et un seul nul. Ce qui a paru plus intéressant à voir dans cette première étape c’est que le Onze national est apparu très au-dessus de ses adversaires. Ce qui maximisait la confiance même si des équipes comme celles de la Gambie et de la Namibie sont loin d’être des références sur le continent. Les plus critiques osaient même avancer qu’avec cette production, un petit réglage pouvait donner un visage davantage plus conquérant face à des adversaires redoutables. Le coach Paulo DUARTE, d’ailleurs, ne disait pas le contraire, lui qui clamait à qui voulait l’entendre que l’équipe avait les moyens d’aller au moins au delà du premier tour ; ce qui aurait été une grande performance pour le Burkina. Malheureusement, les choses se sont passées autrement et les supporters des Etalons sont obligés de ruminer encore une grosse peine. Et ce n’est pas l’alibi facile du genre «le Burkina a joué un des meilleurs à la CAN» qui va résoudre le problème. D’ailleurs dans leur groupe (B) les autres semblent avoir joué leur qualification sur les Etalons qui ont concédé deux buts soit trois points à chaque équipe.
En lisant de plus près la situation des Etalons on se rend compte que la compétition n’a pas été aussi bien préparée qu’on le dit. Sur le plan technique, le niveau physique des joueurs ne semblait pas être uniforme. En fin de partie, on voyait beaucoup traîner les pieds, alors que les efforts devaient se poursuivre surtout que l’équipe était toujours menée. Entre Jonathan PITROIPA, Alain Sibiri TRAORE et dans une moindre mesure Charles KABORE qui arrivent du championnat de France avec de la compétition dans les jambes et les éléments qui évoluent dans les pays de l’Europe où les championnats étaient à l’arrêt, il y a bien une différence. Dans la production d’ensemble, le rendement prend un coup. Individuellement, les Etalons ont commis des erreurs de débutants sur tous les buts encaissés. La preuve d’un manque de concentration durant les matchs. On sentait venir ce genre de situation avec les pertes de balles et les mauvaises relances dans le camp burkinabè. Le deuxième but angolais en est la parfaite illustration. La balle ressortie par la défense centrale pour sa sécurisation avant la relance a été ramenée au cœur du jeu au niveau du demi-défensif Djakardia KONE. Le pressing angolais lui a fait perdre la boule de cuir au profit de MANUCHO qui n’a fait qu’ajuster le portier Daouda DIAKITE. Justement, le gardien de but, parlons-en ! Ceux qui doutaient de son niveau pour jouer dans le haut niveau n’avaient pas tort. Les buts encaissés n’étaient vraiment pas sur des tirs hors de portée de ses gants. Le plus emblématique est le second but ivoirien. Dans la phase de jeu, ils étaient deux défenseurs (Mamadou TALL et Bakary KONE) sur le ballon sans aucune menace ivoirienne : la tête en arrière de KONE était destinée à son portier qui devait normalement être sur sa ligne de but ! Mais pour on ne sait quelle raison, DIAKITE avait déserté sa cage et ce qui devait arriver arriva : le lob parfait ! Et voilà les garçons le moral scié ; plus de jus pour rebondir.
D’une façon plus générale, l’échec des Etalons trouve aussi son fondement dans la mauvaise organisation du football burkinabè. Il est difficile d’avoir une équipe nationale compétitive sans de la compétition au niveau local. Le championnat permet de révéler les talents ou de confirmer ceux qui sont connus. L’assiette de sélection est plus large pour l’entraîneur qui peut minimiser les erreurs. En se contentant des seuls éléments évoluant dans les championnats étrangers, le Burkina n’avait de choix de faire qu’avec les hommes disponibles du moment et du temps qui lui était concédé par leurs clubs ; de plus, le jeu de la concurrence nécessaire pour le progrès de n’importe quelle équipe n’existait pas.
Le second aspect de cet échec et sans doute la plus inacceptable c’est le domaine administratif. Après l’affaire ZENGUE on croyait que le Burkina avait fini avec les problèmes de papier. Que non ! Dès la présélection, le coach s’est vu obligé de se passer de Stéphane AGBRE pour non qualification. Ensuite, c’est le tour d’Abdoul Razack TRAORE d’être rayé de la liste avant le match contre l’Angola. Et comme si cela ne suffisait pas, Djakardia KONE a été prié de rester dans les tribunes à quelques instants de la sortie face aux Eléphants. Le point commun à ces trois joueurs, ils sont d’origine ivoirienne et leur naturalisation n’aurait pas été faite correctement dans le contexte du football pour ainsi dire. La Fédération porte une grande part de responsabilité dans ce cafouillage. Un pays comme la Guinée-Equatoriale possède plus de treize nationalités dans son équipe mais personne n’a contesté leur changement de passeport. Ces retraits inopinés de joueurs sont utilisés par l’entraîneur Paulo DUARTE pour justifier en partie l’échec. Et il est bien difficile de l’accuser de mauvaise foi s’il prétend que ces joueurs rentraient dans son plan de jeu qui s’est alors trouvé.

Ahme NAZE

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