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Plan de contingences multirisques et de réponses aux catastrophes

Le Burkina teste ses capacités à travers une simulation à Boromo

La commune de Boromo a abrité du 17 au 18 avril 2009 un exercice de simulation du plan national de contingences multirisques de préparation de réponses aux catastrophes et aux crises humanitaires sous la présidence du ministre de l’Action sociale et de la Solidarité nationale.

Pascaline TAMINI, ministre de l'Action sociale et de la solidarité nationale

C’est pour mieux gérer les inondations, la sécheresse, les catastrophes et autres crises humanitaires en vue de promouvoir le bien-être des populations et le développement humain durable en général, que le gouvernement a adopté le plan de contingences multirisques de préparation de réponses aux catastrophes et aux crises humanitaires. Les expériences en la matière ayant décelé des difficultés liées à la lenteur de la réponse, la faible mobilisation des ressources auxquelles s’ajoute la faiblesse des mécanismes de coordination dans la gestion. Pour ainsi vérifier la fiabilité de ce dispositif, Boromo a abrité cet exercice de simulation en vue de permettre aux différents acteurs impliqués dans la gestion de ces crises d’être efficaces en situation réelle.
L’opération s’étant fixé pour objectif principal, de tester l’état de préparation de l’ensemble des responsables sectoriels face à une situation d’urgence, mais également de tester leur capacité à gérer l’intervention que celle-ci nécessite, y compris les tâches de la coordination. Ainsi, loin mais proche de la réalité, tout est parti de la météo qui annonce ce 16 avril aux environs de 13h, un avis de phénomènes météorologiques dangereux d’intensités exceptionnelles prévus dans la nuit du jeudi 16 au vendredi 17 avril 2009 accompagnés de vents violents et de fortes pluies pouvant occasionner d’importantes inondations dans la commune de Boromo. Aux dates indiquées, les hauteurs de pluies sont estimées à 200 mm, soit l’équivalent des pluies d’une année provoquant des inondations jamais vues dans la localité selon les anciens. Les bulletins météo indiquent que les précipitations vont se poursuivre et pourraient aggraver la situation des inondations. Le président du Conseil provincial de secours d’urgence et de réhabilitation (COPROSUR) des Balé, par appel téléphonique, informe à cet effet, le CONASUR de la situation qui fait état de 500 personnes sinistrées dont 100 familles touchées, 78 familles victimes de pillages, 2 décès, 33 blessés, 98 greniers détruits et des centaines de volailles, d’ovins, de bovins, de caprins emportés par les eaux. Face à cette situation, le CONASUR a indiqué que s’agissant du nombre de sinistrés inférieur ou égal à 500 personnes, le plan de contingences prévoit en de pareilles circonstances, une réponse au niveau régional.

Les réponses à cette inondation fictive

On notera que cette inondation fictive a provoqué un manque d’eau potable avec des conditions sanitaires précaires pouvant engendrer des épidémies et l’on craint une détérioration de l’état nutritionnel des populations vulnérables. Les victimes dont les maisons ont été détruites se sont déplacées hors des zones inondées ; quarante cinq enfants scolarisés ne peuvent plus suivre les cours et les réseaux de communications téléphoniques sont sévèrement affectés.
Les différents acteurs avec à leur tête, des chefs de file (prévision météo, santé et nutrition, sécurité alimentaire, éducation, abris et matériels de survie, protection, eau hygiène et assainissement, réseaux de télécommunications, logistique et transport, coordination et gestion des centres d’accueil et sécurité des populations) se sont mis en branle dès l’annonce de la catastrophe pour y faire face comme en situation réelle. Convoyées dès la matinée du 17 avril sur le site situé à 3 km de la ville, les 500 victimes ont été installées par quartier de 1O ménages au minimum après avoir été enregistrées par les services de sécurité. Ces victimes sont logées dans des abris de fortune comme si on était dans un vrai camp. Ces sinistrés ont à leur disposition, une prise en charge minimale au plan sanitaire et le matériel de première nécessité. On note néanmoins un manque de nattes, de couvertures pour tous les sinistrés. Le ministre de l’Action sociale et de la Solidarité nationale, le gouverneur de la région Siaka Prosper Traoré, le coordonnateur-résident du système des Nations unies Babacar Cissé, le secrétaire permanent du CONASUR Amadé K. Belèm, la présidente nationale de la croix rouge Bana Wandaogo, le représentant-résident de l’UNFPA (Fonds des Nations unies pour la population), André Mayouya, la représentante du secrétaire permanent du CILSS ainsi que les autorités provinciales des Balé se sont rendus sur le site de l’exercice afin de constater de visu son déroulement. La directrice provinciale de l’Action sociale, Mme Aïssatou Traoré a indiqué que c’est parmi les victimes des inondations de la saison hivernale écoulée (environ 4 000) qu’on a identifié le groupe pour cet exercice. Selon elle, cette simulation en valait la peine car elle a permis de mesurer les insuffisances dans la gestion des crises ; mieux Boromo est le lieu où les catastrophes sont légion, ces dernières années. Déjà, une formation des membres du COPROSUR en la matière s’impose.
Le gouverneur de la région a indiqué que la gestion d’une crise humanitaire est complexe et pluridisciplinaire : «en cas de catastrophe réelle, la même approche observée pendant cette exercice devra être de mise pour soustraire au plus vite, les populations sinistrées de leur situation ; les populations touchées ne doivent pas être des bénéficiaires passifs mais plutôt des personnes devant s’impliquer activement dans la gestion des catastrophes », a lancé le gouverneur de la région.
Les autorités ont visité le camp fictif des sans-abris en passant par son entrée principale où se sont mobilisés plusieurs volontaires de la Croix-Rouge, en passant par les bases de la sécurité, la coordination, l’école, le CSPS, le poste de police ainsi que les abris familiaux.
Au poste de santé, le médecin-chef du district sanitaire de Boromo, Seydou Ouattara et son équipe ont vu les consultations en guise de simulation se transformer très vite, en des consultations réelles. « Nous avons enregistré au total, 130 malades ; cela dépassait le cadre de l’exercice. Parmi ces malades, on a des blessés sur le site, d’autres avaient réellement des céphalées et la majeure partie était des gens qui avaient des maladies chroniques ». L’école du camp selon le directeur provincial de l’Enseignement de base et de l’Alphabétisation, Idrissa Ouédraogo est une classe multigrade de 45 élèves comprenant des enfants des sinistrés poursuivant les cours en attendant la réhabilitation des infrastructures scolaires.
Les autorités ont pu mesurer les capacités de réponse de tous les acteurs et leurs limites même si c’est de l’irréel. La première responsable du ministère de l’Action sociale n’a-t-elle signifié l’absence des drapeaux des partenaires humanitaires alors que les couleurs nationales flottaient à l’école du camp ? A la fin de l’opération de simulation, 101 ménages de 518 personnes « sinistrées » ont bénéficié chacun d’un sac de riz de 30 kg et d’autres matériels de survie.
Ce plan, premier du genre dans la sous-région, a coûté à l’Etat burkinabè et à ses partenaires (système des Nations unies et ses agences), quelque 200 millions de F CFA pour son élaboration et sa simulation. Une réunion-bilan est envisagée dans les prochains jours pour porter les suggestions nécessaires à la mise en œuvre du plan.

Rasmané ZONGO

Sidwaya

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