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Meilleurs voeux 2009
Voeux 2009
FESPACO 2009

Maria Elena Andreotti secrétaire social de la RAI qui est le network public des radios-télévisions et multimédia en général en Italie

“L’Italie a besoin d’être plus proche de l’Afrique”

Fille d’un ancien Premier ministre italien, Maria Elena Andreotti occupe la fonction de secrétaire social de la RAI qui est le network public des radios-télévisions et multimédia en général en Italie. Présente actuellement à Ouagadougou, elle est venue avec des projets pour se greffer au FESPACO et aider ce festival panafricain à mieux rayonner. Elle nous situe d’abord l’objet de son séjour au Burkina .

Dans quel cadre séjournez-vous au Burkina ?

La RAI a commencé à travailler au Burkina il y a deux ans. On a organisé en collaboration avec la ville de Turin et dans un cadre de coopération national avec le ministère des Affaires étrangères italien, un cours de formation pour les journalistes et les techniciens de la Radio municipale de Ouagadougou.
Aussi, on a entamé un dialogue avec le FESPACO et au cours de l’édition de 2007 on a apporté un film italien intitulé “les enfants invisibles”. On essaie d’apporter au FESPACO, une petite vision de ce que sa participation à la biennale du cinéma africain. La directrice générale, Marie-Christine Saragosse a fait le déplacement elle-même avec une forte délégation et surtout avec de bonnes nouvelles pour le cinéma africain. En partenariat avec le FESPACO depuis 1995, TV5 monde et l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) entendent en effet impulser un nouveau dynamisme à ce partenariat. En plus des financements apportés pour la production des films, deux prix spéciaux seront attribués par TV5 monde dont celui de la meilleure fiction. “Le lauréat de ce prix participera au festival de la Rochelle”, a précisé Mme Saragosse. Dans cette dynamique, TV5 monde envisage porter l’Etalon du FESPACO à Canne afin de contribuer à mieux faire connaître les films africains car, “il faut sortir le cinéma du Sud de la seule Afrique pour conquérir les marchés internationaux”, soutient Marie-Christine Saragosse. Au-delà du FESPACO, TV5 monde formule de nombreux projets à l’endroit de l’Afrique. A l’automne prochain, il sera lancé le projet de Web TV qui offrira 24 heures sur 24 des programmes africains. Un magazine cinéma consacré à la cinématographie francophone est également en projet pour mieux faire connaître le cinéma du Sud au reste du monde. Chaîne généraliste qui donne à voir ailleurs ce qui vient d’ici et donne à voir ici ce qui vient d’ailleurs, TV5 monde, malgré la rude concurrence, selon ses responsables, tient la route. “TV5 monde est la seule chaîne qui ose mettre sur une même chaîne plusieurs langues. Et malgré la concurrence, elle a un rôle à jouer, une place à tenir”, s’est félicitée la directrice générale Marie-Christine Saragosse.

Pauline YAMEOGO

c’est que la cinématographie de la RAI et sur la production des films.
On est venu maintenant avec trois films. Comme la ville de Turin a aussi pour tradition d’attribuer un prix à un jeune cinéaste burkinabè dans le FESPACO, nous nous sommes mis à côté de la ville de Turin et on offrira au lauréat de ce prix de la ville de Turin, un stage non pas de formation mais de connaissance de ce que sont les technologies de la RAI et sur le montage des films. Le lauréat séjournera donc en Italie dans les prochains mois.

Quel peut-être l’apport de la RAI pour aider le FESPACO à grandir ?

Le FESPACO est déjà bien grand. L’apport de la RAI serait de faire connaître davantage le FESPACO en Italie. Nous allons faire la promotion du FESPACO sur notre réseau en participant activement et faire comprendre au public italien que ce festival n’est pas quelque chose d’exotique mais une réalité, un dialogue entre des peuples qui sont amis.

Parmi tant de festivals, pourquoi avoir choisi de vous attacher au FESPACO ?

Le FESPACO, c’est le plus grand festival de la cinématographie africaine. C’est donc logique que l’on veuille toujours choisir la meilleure chose. Nous avons au niveau de notre secrétariat social, un programme assez important de formation des opérateurs de la communication. Nous sommes spécialisé dans la communication sociale en Afrique. Nous sommes aujourd’hui au Burkina, le mois prochain nous serons au Congo et on espère avec le ministère des Affaires étrangères étendre ce programme dans bien de pays dans les années à venir.
Et pour cela c’est logique pour nous d’être présent à cette grande manifestation de cinéma africain.

Comment avez-vous trouvé l’accueil et l’organisation du FESPACO ?

Les Burkinabè sont fantastiques. Après trois passages dans ce pays, je peux dire que j’ai des amis maintenant ici. Le Burkina est un pays à dimension humaine et cela est très difficile à retrouver aujourd’hui. J’ai visité bien de pays en Afrique mais le Burkina a ce petit plus qui le distingue des autres.
On sent la culture et la tradition de la manière la plus profonde. Le FESPACO est un grand festival et le problème de tous les grands festivals au monde, il y a beaucoup de symposiums et beaucoup d’arrivées au dernier moment. Cela est normal. Ce grand rassemblement vous donne la possibilité de connaître un grand nombre d’auteurs et de cinéastes et également diverses sortes de problématiques.

Comment la RAI peut aider le FESPACO à mieux s’améliorer ?

Si on continue à avoir de bons rapports et d’interchanges, la RAI peut faire connaître le FESPACO dans son réseau. Le réseau ce n’est pas seulement la radio et la télévision mais aussi son réseau par internet. La RAI a un des plus importants portails internet qui est beaucoup visité. On pourrait exploiter internet d’une manière très forte pour faire connaître le FESPACO. Aussi, nous travaillons avec des DVD et cela est aussi une belle manière de faire connaître les réalités du FESPACO. Nous au niveau du secrétariat social, on a réalisé un DVD basé sur les projets de promotion de la femme au Burkina et on les a envoyés à tous les parlementaires italiens et à tout le gouvernement. On a fait une large distribution et cela est très important. On voit la RAI aujourd’hui partout surtout avec le satellite. D’un autre côté, on peut organiser des rencontres via la ville de Turin qui servira de passerelle, la projection des films qui seront primés au FESPACO pour les faire connaître aux Italiens. L’Italie a besoin d’être plus proche de l’Afrique. On ne se connaît pas assez bien et on ne “s’exploite” pas bien. Les gens de la RAI qui sont venus pour la formation repartent avec une richesse culturelle et professionnelle incroyable. Le plus beau compliment que j’ai reçu des Burkinabè est que maintenant, on m’appelle “Tantie”. Ça vraiment je l’adore car je me sens maintenant dans la famille.

Béranger ILBOUDO

Sidwaya

 

 

Rencontre : Georgette PARE, comédienne

Femme et cinéma, comment se fait la conjugaison, c’est autour de cette idée que nous avons rencontré Georgette PARE, comédienne.

Qu’attendez-vous de l’événement cinématographique qu’est le FESPACO ?
Georgette PARE (GP) : Naturellement faisant partie de la chaîne du cinéma, j’attends avec beaucoup d’intérêt cette 21e édition qui marque les 40 ans du FESPACO. J’ai espoir que cette édition va donner un nouvel élan au FESPACO, du professionnalisme à notre cinéma.

Le métier de cinéaste est difficile pour tout le monde et ça l’est encore plus pour les femmes, dit-on. Qu’en pensez-vous ?
GP : Déjà être femme dans nos pays, ce n’est pas du tout facile, et être «femme publique» ça l’est encore davantage. Au début c’était assez compliqué pour moi, mais j’ai appris à faire avec, car, dans la vie, on ne peut pas être forcément ce que les autres souhaitent voir.
Chacun va là où il se sent le mieux, certains sont journalistes, d’autres sont dans la politique, d’autres médecins, avocats commerçants ; il faut du tout pour faire un monde. Si on doit toujours tenir compte des appréhensions, des a priori et du qu’en dira-ton, il n’y aura jamais d’épanouissement.
Je suis comédienne, et cela me plait beaucoup, même s’il est difficile.

Beaucoup de choses se disent sur les comédiennes surtout leur légèreté. Que dites-vous pour votre défense ?
GP : Je ne crois pas, le cinéma comme tout autre métier, regroupe des hommes et des femmes et nul n’ignore que cela permet de créer des relations. Ce n’est pas parce qu’on est au cinéma qu’il faut le décrier.
Les gens se rencontrent dans des lieux plus tragiques, donc ce n’est pas propre au milieu du cinéma que des relations naissent entre un réalisateur et sa comédienne. Le plateau de tournage est un lieu de rêve et il permet de tisser des liens entre hommes et femmes. Ce n’est pas parce qu’on est une femme publique qu’on est légère, le malheur des comédiennes c’est que nous sommes des personnes exposées ; alors notre vie privée devient facilement publique. Mais que l’on se détrompe, nous ne sommes pas des femmes indignes d’être des épouses fidèles, des mères de familles modèles. Les rôles que nous jouons parfois sont loin de refléter notre caractère mais le public pense quelquefois que cela dénote la réalité. C’est dommage.

Le cinéma nourrit-il son homme ou sa femme dans votre cas ?
GP : Je ne vivais que du cinéma, mais depuis un moment, j’ai créé une agence de communication ; car il faut le souligner, j’ai fait des études en communication. J’essaie donc de jouer sur les deux tableaux.

Le temps n’est donc pas loin de vous voir derrière la caméra en tant que réalisatrice ?
GP : Ce n’est pas à exclure, peut-être que cela fait partie des objectifs de la création de mon agence de communication. Qu’on ne se presse pas je me donne le temps de glisser subtilement derrière la caméra après avoir donné le maximum devant elle.

Issa SANOGO

 

Kadi ZERBO, comédienne de cinéma

Kadi ZerboA l’écran comme dans le réel, elle ne passe pas sans qu’on se retourne sur elle. Oui, certains diront qu’elle a « le bagage » et ce n’est peut-être pas un hasard si les réalisateurs aiment à lui confier des rôles provocateurs. Enthousiaste et locace, elle semble comédienne de naissance. Elle, c’est Kadi ZERBO, une comédienne de talent bien connue des téléspectateurs d’ici et d’ailleurs tant elle a joué dans plusieurs films et clips musicaux. Actrice de cinéma, le FESPACO, l’intéresse au premier chef. Dans cet entretien, elle livre son point de vue sur la 21e édition de ce festival, la question des badges payants, les relations entre comédiennes et réalisateurs, etc .et lève un coin de voile sur son parcours professionnel.

Nous sommes à quelques jours du clap du FESPACO, est-ce qu'à votre niveau les préparatifs vont bon train ?
Kadi ZERBO (K.Z.) : Oui ! Nous le préparons comme tout autre comédien. Mais avec un nouveau délégué à la tête du festival nous attendons de voir quelle place on nous accordera.

Une innovation : les comédiens doivent débourser la somme de 25 000F CFA pour la carte Etalon afin d'avoir accès aux salles. Qu'en pensez-vous ?
K.Z. :
Je pense que cette mesure est brusque du moment où nous n'étions pas préparés à cette nouvelle donne. J'aurais suggéré que la conférence de presse bilan de la dernière édition annonce cette mesure. Gustave SORGHO a négocié avec le Comité d'organisation pour un demi-tarif de 12 500F pour les comédiens. D'aucuns jettent l'anathème sur le nouveau Délégué général, Michel OUEDRAOGO. Je ne pense pas qu'il soit seul responsable de la situation parce que c'est un travail d'équipe et lui aussi consulte une hiérarchie.
A mon sens, cette mesure, c'est pour qu'on apporte notre petite contribution à cet événement. Comme je le disais, ce n'est pas tout le monde qui peut supporter vu qu'il y a des comédiens qui peuvent faire trois 3 ans sans un contrat. Le sponsoring, jepense cependant, pourrait aider à régler le problème en mettant leur logo sur les badges des comédiens.

Il y a pas mal de femmes dans le 7e art au Burkina Faso. Qu'est-ce qui explique cela ?
K.Z. : Pour ce qui est de mon cas, j'ai atterri la-dans par pur hasard grâce à Michel Bossofa SOME qui m'a fait jouer un rôle dans un film en 1992 et c'est depuis lors que ce métier m'a collé à la peau. Sinon, j'aurais voulu être avocate. Comme tout métier, celui de comédien de cinéma a des avantages comme des inconvénients. L'avantage, c'est qu'on peut facilement obtenir un service parce qu'on est connu grâce à l'écran. L'inconvénient, c'est qu'on pense que nous sommes riches. On se trompe énormément sur notre compte. Quand on nous voit dans un film ce qu'on oublie c'est que les images ont été tournées, il y a 1 ou 2 ans. D'un autre côté, l'artiste n'est pas vu de bon œil. Surtout nous les femmes. On pense qu'on n'a pas de vie, qu'on est trop légère. Je dis non. Parce que nous sommes des hommes publics il faut faire très attention aux actes que nous posons en société. Je dirais même que nous sommes les plus sérieuses parmis les femmes.

Qu'elle est ta plus belle satisfaction en tant que comédienne ?

K.Z. : C'est quand j'ai reçu le prix de la meilleure interprétation féminine au festival du court-métrage en Italie. Un film d'Antoine YOUGBARE, en 2004. Depuis que je suis comédienne même dans mon propre pays, je n'ai pas encore reçu cette reconnaissance. Comme nul n'est prophète chez soi…

En tant que comédienne, est-ce que vous êtes satisfaites de ce métier ?

K.Z.  : Ce qui est déplorable, c'est que les réalisateurs, heureusement pas eux tous, mais la majorité ne nous considèrent pas. On pense que c'est parce qu'on n'a rien à faire qu'on vient jouer dans leur film. J'aimerais que nos patrons nous accordent la plus grande importance. J'ai été victime d'une chose et je sais que si ça continue, des réalisateurs auront des surprises désagréables un jour sur leur plateau de tournage. Je ne parle pas de moi. Il y aura des gens qui ne vont pas le supporter. On crée comme ça des malentendus entre comédiens. Il y a aussi le problème du mauvais traitement des acteurs burkinabè par rapport aux étrangers. Je ne suis pas xénophobe, loin de là. Mais je dis à séquence égale, traitement égal.

Les films coûtent cher. Les réalisateurs disent qu'ils n'ont pas les moyens…

K.Z.: Moi, je ne crois plus à ce refrain-là. "J'ai hypothéqué ma maison, je tourne avec mes propres fonds, comprenez-moi", et le jour de la conférence de presse, tu est surpris de voir "remerciement à l'Union européenne, à l'OIF, au ministère français des Affaires étrangères, au gouvernement, etc."

Est-ce que vous-vous en sortez ?

K.Z.  : Il est très difficile pour un comédien de vivre de son art. La raison est toute simple on préfère recruter des amateurs ou des novices à vil prix qu'un comédien confirmé pour jouer un rôle. Cette situation pour nous les anciens est préoccupante parce qu'on (les réalisateurs) ne vise plus le talent, le professionnalisme. Avec un acteur médiocre on ne doit pas s'étonner que le film soit médiocre. C'est depuis 1997 qu'un Burkinabè a remporté l'Etalon de Yennenga avec Buud Yam de Gaston KABORE. Et depuis plus rien et on s'étonne. Même cette année je crains fort. Je ne suis pas un oiseau de mauvais augure, je parle de la réalité. Nous, comédiens Burkinabè, nous sommes mal payés et c'est le copinage qui prend le pas sur le professionnalisme. Si vous voyez un comédien et réalisateur se tirailler, ne cherchez pas loin, c'est l'argent. Il y en a qui ne sont pas honnêtes.

Quel côté du FESPACO avez-vous envie de corriger ?

K.Z.: C'est surtout du côté des comédiens. Je trouve que nous sommes mal organisés. On ne s'y prend pas à temps pour les questions de badges. C'est à quelques jours que chacun court. Un autre problème, c'est la qualité même du comédien. Pour un rôle de figurant dans un film, on pense qu'on est comédien et on réclame un badge. Les gens confondent le professionnalisme et la popularité. C'est comme le jour et la nuit.

Kadi ZERBO joue très souvent des rôles provocateur dans les films. Qu'est-ce qui explique cela ?
K.Z. :
C'est un rôle qu'on me confie et je fais mon travail comme il se doit selon le bon vouloir du réalisateur ou de la réalisatrice. Guy Désiré YAMEOGO par exemple a un don. Quand il écrit un scénario pour un comédien, tu trouves qu'il n'y a rien à dire. Donc très souvent c'est le scénario qui détermine le profile du comédien. Je ne provoque pas pour me faire voir. Je suis guidée par un réalisateur. Kadi ZERBO est cependant tout le contraire dans la vie quotidienne.

 

Augusta PALENFO, comédienne

Augusta PalenfoSa jovialité, ses accès de rire particuliers associés à une pétulance qui contraste d’avec sa masse corporelle font d’elle un personnage qui ne passe pas inaperçu. Elle, c’est bien Augusta PALENFO, jeune actrice et comédienne du Burkina. Découverte par le grand public dans des films tels Ouaga Saga, Sophia… elle fait surtout dans l’humour sur les planches et du reste, est initiatrice du Festival international du rire et de l’humour de Ouagadougou (FIRHO). Dans le cadre de la tenue de la 21e édition du FESPACO, elle s’est prononcée sur cette biennale de la fête du cinéma, nous a livré ses expériences personnelles dans l’univers artistique et les difficultés que les comédiens rencontrent.

Nous sommes à quelques jours du clap du FESPACO. En tant que comédienne, comment vous, vous y préparez ?
Augusta PALENFO (AP) : Cette édition, je ne suis pas très impliquée comme il y a 2 ans de cela. J’ai joué un rôle secondaire dans le film d’Aboubacar DIALLO intitulé «Cœur du lion». Un autre rôle dans un film d’Aboubacar DAO qui devrait être présenté à cette 21e édition. Je suis aussi en pleine préparation de mon Festival, le FIRHO (Festival International du Rire et de l’Humour de Ouagadougou) donc j’ai peu de temps pour participer à 100% au FESPACO.

Que pensez-vous du FESPACO de cette année ?
AP : Le refrain, cette année, et les gens en parlent, ce sont les mesures prises par le nouveau Délégué général, Michel OUEDRAOGO pour rationaliser le Festival. Moi, j’approuve cette décision et sa méthode de travail. Il a été clair, avec des arguments assez convainquants, que tous ceux qui veulent avoir accès aux salles de ciné devraient désormais payer, que tu sois journaliste ou comédien en prenant le badge Etalon qui coûte 25 000F. Chaque soir, ce sont les comédiens qui remplissent les salles. Et le public ? Il faut bien qu’il vienne suivre les films pour juger tous les réalisateurs et les comédiens !

Les femmes s’intéressent de plus en plus au 7e art au Burkina Faso. Racontez-nous un peu votre propre expérience.
AP : J’ai commencé avec le théâtre depuis la classe de CM2 où, à la descente, je ralliais l’Atelier Théâtre Burkinabè (l’ATB) de Prosper KOMPAORE pour les séances de formation. J’avoue que j’avais trop de problèmes en famille pour cette option. On qualifiait le milieu de tous les qualificatifs négatifs. J’ai dû arrêter l’école en classe de 5e pour faire ce qui me plait. Pour moi, ce que j’ai acquis déjà me permettait d’évoluer dans la comédie et l’expérience d’un frère possédant un diplôme universitaire et qui peine à avoir un boulot a fini par me convaincre d’arrêter et de prendre mon envol.
J’ai fait 4 ans à l’ATB, ensuite 2 ans à la compagnie Marbayassa, de même qu’à la compagnie Les Merveilles.
Delà, j’ai choisi de voler de mes propres ailes en freelance. Je postule pour des castings. Et en plus j’ai créé le Festival international du rire et de l’humour de Ouagadougou (FIRHO), dont la 2e édition se tiendra du 2 au 4 avril prochain.

Que pensez-vous de vos consœurs, Kadi Jolie, Delphine OUATTARA, Kadi ZERBO, etc. ?
AP : J’ai du respect et l’admiration pour toutes mes devancières. Avant d’être comédienne, mon idole était Naki SYSAVANE, une Sénégalaise qui a du talent et que j’ai même rencontrée par 2 fois les dernières éditions. Les grandes sœurs Kadi Jolie, Delphine OUATTARA, Kadi ZERBO, Léontine ZOUNDI, etc. me comprennent et me soutiennent en me prodiguant des conseils qui m’aident à avancer. Ce sont des femmes qui se battent très bien que j’admire. Quand elles ont même besoin de moi, je suis là tout de suite.

Racontez-nous les difficultés dans le milieu.
AP : Chaque milieu a ses avantages et ses inconvénients. Il faut dire aussi que le milieu est plein de commérages. Quand tu réussis à un casting si on ne dit pas que tu as eu les faveurs du réalisateur ou de son assistant, parce qu’il veut te draguer, on dira que tu as été pistonnée. Ça ne manque pas dans tous les corps de métier. Mais je pense que quand on veut avancer, on minimise ces genres de méchancetés. Pour moi, l’important, c’est d’être positif dans la tête.

C’est quel côté du FESPACO que vous auriez aimé améliorer ?
AP : Je ne suis pas dans l’organisation. Cette 21e édition est une première pour moi de voir que les comédiens mêmes sont appelés à payer les badges. Déjà, ça avance. Il faut que cette mesure soit appliquée et comprise par tout le monde. C’est en cela qu’on tirera des leçons pour avancer. A mon humble avis, la méthode de travail de Michel OUEDRAOGO est gagnante pour tous les acteurs du 7e Art.

 

 

 

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