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INTERNATIONAL

Procès de vente illicites d’armes à Angola : Eduardo Do Santos n’en veut pas.

C’est aujourd’hui que s’ouvre en France, le procès de vente illicite d’armes en Angola que les français ont appelé l'Angolagate. Une vaste affaire de trafic d'armes où comparaît l'homme d'affaires Pierre Falcone, l'ancien ministre de l'Intérieur Charles Pasqua et le fils aîné du président François Mitterrand.

L’Angola ne veut pas que le procès ait lieu. Selon son avocat Me Francis Teitgen, l'Etat africain allait déposer un recours, au nom du "respect du secret défense" d'un pays étranger, pour que le procès de l'Angolagate ne se tienne pas.

Dans ses conclusions argumentant sa démarche, l'Angola "relève que les droits attachés à sa qualité d'Etat souverain ont été bafoués depuis le début de la procédure", qui concerne un vaste trafic d'armes de guerre présumé illégal, orchestré par les hommes d'affaires Pierre Falcone et Arcadi Gaydamak entre 1993 et 1998.

Luanda s'oppose ainsi à "la discussion publique dans une enceinte de justice étrangère d'informations et du contenu des instruments de l'exécution de ses prérogatives de puissance publique qui touche ses intérêts d'Etat et de défense nationale".

En tout, 42 personnes répondront devant la justice de leur rôle dans ce "commerce illicite" qui pesait 790 millions de dollars.

Pierre Falcone et Arcadi Gaydamak, réfugié en Israël, sont accusés d'avoir, de 1993 à 1998, vendu à un Angola en pleine guerre civile un véritable arsenal acheté dans l'ancien bloc communiste, et ce sans avoir reçu les autorisations nécessaires de l'Etat français.

La France lâchera t-elle ses enfants ?

A côté d'eux, comparaissent des personnalités soupçonnées d'avoir reçu des pots-de-vin de la part des deux associés.

Charles Pasqua et Jean-Charles Marchiani, alors son conseiller à l'Intérieur et préfet du Var, auraient reçu chacun plusieurs centaines de milliers de dollars contre leur lobbying en faveur des intérêts angolais.

Jacques Attali, ancien conseiller de François Mitterrand, aurait touché 160.000 dollars pour user de son influence et résoudre les ennuis fiscaux de la société de Falcone et Gaydamak.

Jean-Christophe Mitterrand aurait servi d'intermédiaire dans le commerce d'armes et l'écrivain Paul-Loup Sulitzer aurait été rémunéré pour son influence dans les médias. Mais la France lâchera t-elle ses enfants ? C’est la question que bon nombre s’observateurs africains se posent. Si ces personnalités étaient condamnées, ce qui est peu probables ça sera une première. Du fait que l’affaire concerne un pays africain. D’ailleurs, beaucoup n’hésitent pas à soutenir que la visite du président français Nicolas Sarkozy et les retombées engrangées ne sont autres qu’une partie du « deal » passé entre Do Santos et Sarkozy pour étouffer l’affaire.

En revanche, aucun des dignitaires angolais soupçonnés par l'enquête d'avoir eux aussi été corrompus, à commencer par l'actuel président José Eduardo Dos Santos, n'a été renvoyé devant la justice.

Dès les premières des 58 audiences prévues pour ce procès devant durer jusqu'en mars, le juge Jean-Baptiste Parlos devrait affronter les assauts de la défense pour que ce procès n'a pas lieu d'être puisque les armes ne transitaient pas par la France, un argument récemment repris par le ministre de la Défense Hervé Morin.

Une inconnue demeure: combien y aura-t-il d'absents sur le banc des prévenus?

Le gouvernement devrait en tout cas suivre de près ce procès qui tombe mal au moment où la France cherche à se rapprocher d'un Angola riche en pétrole.

Frédéric ILBOUDO

 

 

 

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