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Meilleurs voeux 2009
Voeux 2009
POLITIQUE

Diplomatie burkinabè
« Nous ne sommes pas des suivistes »

Mardi 30 décembre 2008
Le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération régionale, Alain Bédouma YODA a animé dans la Salle de conférence de son ministère avec ses collègues Minata SAMATE, chargée de la Coopération régionale e Lucien Marie BEMBAMBA du département de l’Economie et des Finances, un point de presse sur le bilan de deux années de présidence du Burkina de la CEDEAO et d’une année de mandat au Conseil de sécurité de l’ONU.

Pour ce qui est de la présidence de la CEDEAO dont les acquis sont entre autres les médiations dans les crises au Togo et en Côte d’Ivoire, les journalistes ont cherché à savoir si le président du Faso est toujours le facilitateurs du dialogue inter-ivoirien avec la fin du manda du Burkina. La ministre déléguée à la Coopération régionale, Minata SAMATE a indiqué que lors du dernier sommet de la CEDEAO, les parties en conflit ont demandé à ce que le président Blaise COMPAORE poursuit sa médiation s’il est admis que le Burkina Faso a déployé depuis un certain temps, une offensive diplomatique, il y a à savoir e que l’on y gagne concrètement. Tout d’abord, le ministre d’Etat Alain B. YODA relève que cette offensive a permis à note pays de se faire une place de choix dans le concert des grandes nations. Pour le ministre de l’Economie et des Finances, le dynamisme de notre diplomatie a un impact « les actions du président du Faso pour la recherche de la paix, dit-il, font que de nombreux partenaires ont davantage confiance au Burkina ». M. BEMBAMBA a par ailleurs souligné que le Burkina Faso reçoit des appuis complémentaires de la part de ses partenaires et pays amis pour faire face à des charges liés à certaines missions de médiation.
Au cours de ce point de presse, la position du Burkina a été demandée sur la situation en Guinée et au Proche-Orient avec le conflit israélo-palestinien. En ce qui concerne la Guinée, Minata SAMATE a fait savoir que les présidents burkinabè et nigérian ont de commun accord dépêché une mission de la CEDEAO pour s’en acquérir de ce qui prévaut. Et plus particulièrement, selon la ministre de la Coopération régionale, le Burkina Faso suit de très près l’évolution des évènements.
Quant au conflit isarélo-palsetinien, le ministre d’Etat, Alain YODA a relevé que le Burkina privilégie la voix du dialogue comme la meilleure formule pour mettre fin à la guerre.
Par rapport au mandat du Burkina au Conseil de sécurité de l’ONU, les préoccupations des journalistes se focalisant sur les grandes puissances ayant le droit de veto qui décident de tout, le ministre d’Etat a indiqué que notre pays mère à bien son mandat. Selon lui, le Burkina Faso ne se fait de complexe au niveau de cette instance et sa position face aux différentes questions qui y sont évoquées. « Nous ne sommes pas des suivistes » a souligné le ministre d’Etat avant de faire savoir que le Burkina discute d’égal avec les autres membres du Conseil de sécurité.

Drissa TRAORE

L'intégralité de la déclaration liminaire du ministre des Affaires étrangères

Mesdames et Messieurs les Journalistes,

Au nom du Ministre de l'Economie et de Finances, de la Ministre déléguée chargée de la Coopération régionale et en mon nom personnel, je voudrais vous souhaiter la bienvenue aux Affaires étrangères et vous remercier d'avoir accepté notre invitation à ce point de presse qui nous donne l'occasion de faire ensemble le bilan d'une année diplomatique bien remplie.
L'année qui s'achève aura, en effet, connu, de la part de notre pays, une intense activité diplomatique, tant au plan régional qu'au niveau international.
La fin de l'année 2008 coïncide avec la fin des deux années de mandat du Burkina Faso à la Présidence en exercice de la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO). Elle marque également deux années accomplies à la tête des institutions de l'Union Economique Monétaire Ouest Africaine (UEMOA). La fin de cette année correspond aussi à la fin de la première année de son mandat en qualité de membre non permanent au Conseil de Sécurité des Nations Unies :
Comme bilan, Mesdames, Messieurs les Journalistes,

1- AU NIVEAU DE LA CEDEAO

Durant ses mandats successifs, l'action du Burkina Faso peut être perceptible surtout au niveau des progrès de la paix et de la sécurité dans la sous région, mais aussi au regard du processus d'intégration sous régionale.
S'agissant de la paix et de la sécurité dans la sous région, les actions menées personnellement par le Président du Faso ont directement contribué au retour de la paix au Togo et en Côte d'Ivoire.
Au Togo, comme on le sait, le Président du Faso a offert, en 2006, sa médiation dans le Dialogue inter togolais qui a permis la conclusion de l'Accord politique global, dont la mise en œuvre réussie a permis à la République sœur du Togo de retrouver la paix et la stabilité politique, de renouer avec la démocratie et de regagner la confiance des partenaires bilatéraux et multilatéraux.
En Côte d'Ivoire, l'implication personnelle du Président COMPAORE, en qualité de Facilitateur du Dialogue direct inter ivoirien, a donné une impulsion décisive au processus de sortie de crise, grâce à la signature et à la mise en œuvre de l'Accord politique de. Ouagadougou et de ses accords complémentaires. Aujourd'hui, la paix est sur les rails en Côte d'Ivoire et le Peuple Ivoirien se prépare sereinement pour des élections libres, transparentes et démocratiques qui garantiront, nous l'espérons, une paix durable dans ce pays.
Par ailleurs, l'action du Président du Faso a également contribué à la consolidation de la paix au Liberia et à l'apaisement des situations de crise en Guinée, en Guinée Bissau et dans la zone sahélo saharienne.
En ce qui concerne le processus d'intégration sous régionale, des avancées significatives en matière d'intégration régionale ont été enregistrées durant les deux mandats du Burkina Faso.
L'un des apports majeurs, à cet égard, est sans nul doute le renforcement des capacités de la Communauté, notan1ment à travers la transformation du Secrétariat exécutif en une Commission et l'élargissement des compétences de la Cour de Justice de la Communauté.
On note également l'élaboration d'une stratégie régionale de réduction de la pauvreté, l'adoption d'un projet de création d'une zone monétaire commune, la mise en chantier de l'union douanière, le démarrage du marché commun en Afrique de l'Ouest, la consolidation du cadre macroéconomique de la CEDEAO, le renforcement des capacités de la Banque d'Investissement et de Développement de la CEDEAO (BIDC) et la Banque Ouest Africaine de Développement
(BOAD).
Au plan agricole, face à la crise alimentaire mondiale, le Burkina Faso a œuvré en faveur de l'adoption d'une Politique agricole commune et d'une Offensive sous régionale en vue d'une production alimentaire accélérée et soutenue.
En ce qui concerne le domaine énergétique, des orientations précises pour un plan global de résolution de questions énergétiques pour l'Afrique de l'Ouest ont été adoptées et des progrès notables ont été observés, notamment avec le projet de construction d'un gazoduc de l'Afrique de l'Ouest, la création du Centre pour les énergies renouvelables à Praia, au Cap Vert, et de l'Autorité de régulation du secteur énergétique à Accra, au Ghana.
Pour ce qui est de l'Accord de Partenariat Economique (APE) entre l'Union européenne et l'Afrique de l'Ouest, notre leadership a permis d'arriver au principe d'une négociation en bloc pour un accord juste et équilibré, prenant en compte les préoccupations de la sous région.
La question des transports a été également une préoccupation majeure, qu'elle soit routière, ferroviaire ou aérienne, et des projets sont en cours.
Sur la question de l'ouverture de notre sous région sur les autres régions du monde, on peut citer les différentes rencontres: CEDEO -Chine, CEDEAO -Inde, CEDEAO-Europe, CEDEAO-Brésil.
Sur la libre circulation des personnes et des biens, la contribution du Burkina s'est traduite par l'adoption et la mise en œuvre de l'Approche commune de la CEDEAO en matière de migrations et surtout par l'application effective des textes sur la libre circulation des personnes et des biens.
Par ailleurs, la mobilisation du Burkina Faso avec l'ensemble des pays de la CEDEAO a permis l'adoption d'une Déclaration politique ayant permis l'adoption d'un Plan d'action de lutte contre le trafic illicite de drogue.

Mesdames et Messieurs les journalistes,

11- AU NIVEAU DE L'UEMOA
L'apport principal du Burkina Faso peut être apprécié tant au plan institutionnel qu'à celui  économique et social.
Au plan institutionnel, son action à la tête de l'UEMOA a permis une modernisation de l'administration de l'Union et une amélioration de sa gouvernance, notamment par l'adoption d'un nouveau statut du personnel, la poursuite du plan d'informatisation, l'adoption d'un nouveau règlement financier et d'un cadre rénové des organes répondant aux standards internationaux, afin de mieux accompagner les Etats dans leur quête du développement. C'est : dans ce cadre que l'on peut situer le Plan stratégique BOAD et la rénovation des structures de la BCEAO.
Au plan économique et social, le Burkina Faso a accompagné l'UEMOA dans la réalisation de l'intégration sous régionale, à travers la mise en œuvre de programmes prioritaires tels que le Programme Economique Régional (PER).
Il a incité l'Union à accompagner les Etats membres face à la crise alimentaire et à la flambée des prix des produits de première nécessité, notamment par l'octroi d'une contribution de 12 milliards de francs FCA.
Au titre de la libre circulation des personnes, on peut se féliciter l'émergence du projet de visa unique au profit de non ressortissants de l'espace UEMOA.

Mesdames, Messieurs les Journalistes,

III-AU NIVEAU DU CONSEIL DE SECURITE DES NATIONS UNIES
Au cours de la première année de son mandat, notre pays a pris toute la mesure des enjeux des questions de paix et de sécurité internationales et a su se mettre à la hauteur de la confiance qui a été placée en lui par les Etats du continent africain.
En effet, il a activement pris part, aux cotés des quatorze autres membres, aux intenses activités du Conseil, consacrées aux séances officielles, aux consultations plénières et aux missions d'information dans les pays.
L'Afrique a figuré en bonne place dans l'ordre du jour du Conseil de sécurité et le Burkina Faso a apporté sa voix dans les prises de décisions idoines à la résolution des conflits, notamment au Tchad, au Soudan, en République Centrafricaine, en République Démocratique du Congo, dans la Région des Grands Lacs, en Ethiopie/Erythrée, en Somalie.
Notre pays a également apporté sa contribution dans les efforts de consolidation de la paix au Burundi, en Guinée Bissau et en Sierra Leone, ainsi qu'à la recherche de solutions pour la sortie de crise en Côte d'Ivoire, au Kenya et au Zimbabwe.
Hors du Continent, le Burkina Faso a activement participé au processus sur le statut du Kosovo et a pleinement contribué à l'évolution de la situation sur le terrain, notamment par la reconnaissance officielle de ce nouvel Etat. Il a aussi activement contribué à la recherche de solutions à la situation qui prévaut au Moyen-Orient, y compris la Palestine, ainsi qu'à la crise dans les Balkans, suite aux affrontements survenus, en août 2008, entre la Georgie et l'Ossétie du Sud et entre la Georgie et la Russie. Nous avons apporté notre modeste contribution aux débats sur des questions majeures comme celle du nucléaire, du terrorisme et de la criminalité transnationale organisée.
L'implication de notre pays dans les travaux du Conseil s'illustre également par la Présidence et i la Vice-présidence qu'il assure au niveau de trois Comités de sanctions du Conseil de sécurité, à savoir le Comité créé par la résolution 1518 (2003) concernant l'Iraq et le Koweït, le Comité créé par la résolution 1636 concernant le Liban et le Comité créé par la résolution 1737 concernant l'Iran.
L'activité phare, à mi-parcours, pour le Burkina Faso aura été sa Présidence du Conseil, assurée en septembre 2008. Durant ce mandat, le Conseil a organisé le 23 septembre 2008 un débat de haut niveau, présidé par Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE, Président du Faso sur le thème: « Médiation et règlement des conflits ». Ce débat a connu la participation de Chefs d'Etat et de Gouvernement et de Ministres des Affaires Etrangères des pays membres du Conseil et a eu un grand retentissement international.
En terme de bilan, on peut dire que le Burkina Faso a accompli honorablement sa mission au sein du Conseil de sécurité. C'est le lieu ici de remercier tous les pays amis qui nous ont soutenu durant cette première année de mandat au sein de cet organe majeur des Nations Unies.
Il convient également de féliciter le département des Affaires étrangères et toute l'équipe de notre Mission Permanente auprès des Nations Unies à New York qui, malgré les modestes moyens humains et financiers mis à leur disposition, ont su être à la hauteur des attentes.
Au cours de l'année 2009, le Burkina Faso travaillera à consolider ces actions et contribuera activement aux travaux visant à rechercher des solutions aux différentes situations qui seront inscrites à l'ordre dujour du Conseil.
Mesdames, Messieurs les journalistes,
Telles sont les grandes lignes du bilan que nous pouvons faire de deux années de présidence en exercice des institutions de la CEDEAO et de l'UEMOA et d'une année de mandat au Conseil de sécurité des Nations Unies.
Le Ministre de l'Economie et des Finances, la Ministre déléguée chargée de la Coopération régionale et moi-même, sommes à votre disposition pour répondre à vos différentes questions.
Avant de terminer, je tiens à vous présenter, au nom de mes deux collègues, au mien propre et en celui de l'ensemble de nos collaborateurs, une bonne et heureuse année 2009. Nous formons à votre intention des vœux de santé, de paix et de prospérité pour vous-mêmes, vos familles, notre pays et notre sous région. Puisse la nouvelle anI1ée constituer un plus grand rayonnement international de notre pays.
Je vous remercie pour votre aimable attention. 

 

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