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POLITIQUE

Corruption : Bonds qualitatifs du Burkina

L’ONG Transparency International vient de publier, le 23 septembre 2008 à Berlin, en Allemagne, son rapport annuel sur la corruption dans le monde. Comme chaque année, c’est la même rengaine. Ou presque. Et, apparemment, rien n’a changé depuis. Si le rapport désigne la Somalie et l’Irak, mais aussi Haïti, comme les pays les plus corrompus de la planète, l’Indice de perception de la corruption (IPC) 2008 souligne «le cercle vicieux liant pauvreté, faillite des institutions et corruption». Le Burkina a quant à lui fait des bonds qualitatifs, il passe de la 105 ème rang au 80 ème.

L’Organisation non gouvernementale de lutte contre la corruption Transparency international cloue le bec aux mauvaises langues et à tous ceux qui aimaient se délecter des classements du pays. Selon son dernier classement, axé sur la période 2007/2008, le Burkina Faso, jadis 105e sur 180, vient de faire un bond qualitatif en avant, accédant à la 80e place des pays les moins corrompus, à égalité avec le Maroc, l’Arabie Saoudite et la Thaïlande. On y remarquera que, relativement à la sous-région de l’Afrique de l’Ouest, « le Pays des hommes intègres » vient en troisième position, derrière le Cap-Vert (47e) et le Ghana (67e), loin devant le Sénégal (85e), le Bénin et le Mali (96e), le Niger (115e), le Nigeria (121e) et la Guinée Conakry (173e). Ce classement, le Burkina le doit aux reformes tous azimuts engagés par le gouvernement ces dernières années. Et cela tant sur le plan juridique qu’institutionnel. Sont de ces reformes : l’adoption des codes de conduite du secteur public à l’intention des départements ministériels de la fonction publique, de la santé, de l’éducation, de la sécurité et des finances ; l’adoption d’un décret portant sur la conduite de la police nationale Le rapport de Transparency International fait sortir des décisions importantes du gouvernement pour étayer le classement du Burkina. « De janvier 2004 à avril 2005, le Conseil des Ministres a imposé des sanctions sur des fonctionnaires accusés de corruption, licenciant certains et affectant d’autres à différents postes. Dans des cas très graves, des procès ont été intentés contre environ 20 comptables d’État, des contrôleurs financiers, des agents de recouvrement et des agents de greffe des tribunaux. Les sanctions les plus sévères ont été infligées aux maires de Ouahigouya et Zorgho, tous deux membres du Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP), le parti au pouvoir. Ils ont été relevés de leurs fonctions et poursuivis pour corruption en février 2005. Ces mesures pourraient être qualifiées de règlements de compte au sein du CDP, étant donné que d’autres maires soupçonnés de corruption n’ont pas été poursuivis. En février, plusieurs affaires de détournement des fonds publics ont été également entendues devant les tribunaux criminels. L’une d’elles portait sur le détournement, par le comptable d’État, Jean Paul Balbéogo, d’une somme s’élevant à environ 11 millions de F CFA (21.000 dollars US), d’un fonds public pour la santé et la nutrition. Il a plaidé coupable et fut condamné à une peine de cinq ans de prison. » N’en déplaise donc aux pourfendeurs du gouvernement et du pays de façon général, le Burkina avance à son rythme.

Frédéric ILBOUDO

 

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